Politique

Penelope Fillon visée par une enquête du parquet financier

Le parquet national financier a ouvert une enquête après les informations publiées par le Canard Enchaîné sur un potentiel emploi fictif de Penelope Fillon à l’Assemblée nationale.

Cette affaire ne pouvait plus mal tombée pour François Fillon, le candidat de la « transparence », de la « morale » et de « l’éthique » en pleine campagne pour la présidence de la République.

En effet, dans son édition parue ce mercredi 25 janvier, le Canard enchaîné a annoncé que Penelope Fillon, la femme du candidat de droite à l’élection présidentielle, avait été rémunérée comme « collaborateur » de celui-ci lorsqu’il était député (1998-2002 et « six mois au moins » en 2012), puis de son suppléant Marc Joulaud (2002-2007). Pour un montant de 500 000 euros brut au total.

Après ces révélations, le Parquet national financier a annoncé ce mercredi 25 janvier qu’il avait ouvert une enquête préliminaire pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits ».

Pourquoi la justice est-elle saisie ?

En l’état, il n’y a rien d’illégal à embaucher un membre de sa famille comme assistant parlementaire. En effet, selon une enquête de Mediapart, en 2014 l’Assemblée nationale avait ainsi rémunéré 52 époux ou épouses de députés.

Or, dans cette affaire, l’enquête, confiée à la direction centrale de la police judiciaire, devra vérifier si Penelope Fillon a effectivement fourni des prestations en échange de ces salaires ou bien s’il s’agissait d’un emploi fictif.

En outre, les soupçons portent sur le fait est que ce n’est que récemment que l’épouse du candidat Les Républicains à la présidentielle s’est engagée en politique. Aux élections municipales de 2014, elle a été élue conseillère municipale de Solesmes. Parallèlement, François Fillon a quitté la Sarthe pour Paris.

Puis, en mai 2016, Penelope Fillon accepte d’être la marraine du comité « Les Femmes avec Fillon » dans la Sarthe, avant de participer entre septembre et novembre 2016 à la campagne de ces comités à Roubaix, Dijon, Paris, Marseille ou Lyon.

Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari

Avait-elle alors expliqué au quotidien régional Le Bien Public, sans mentionner qu’elle avait été son assistante parlementaire.

De plus, d’autres soupçons viennent d’une ancienne assistante parlementaire de l’époque, Jeanne Robinson-Behre.

Je n’ai jamais travaillé avec elle, je n’ai pas d’info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre.

A-t-elle affirmée, aujourd’hui adjointe au maire d’Angers.

Que risque le couple Fillon ?

En déplacement à Bordeaux, François Fillon a dénoncé l’ouverture de « la séquence des boules puantes » dans le contexte de sa candidature à l’élection présidentielle.

Je ne ferai pas de commentaire parce qu’il n’y a rien à commenter. Et je voudrais simplement dire que je suis scandalisé par le mépris et par la misogynie de cet article. Alors parce que c’est mon épouse, elle n’aurait pas le droit de travailler ? Imaginez un instant qu’un homme politique dise d’une femme, comme le fait cet article, qu’elle ne sait faire que des confitures. Toutes les féministes hurleraient !

A-t-il réagi auprès de l’AFP, en faisant allusion à un autre article du Canard Enchaîné. Ce-dernier expliquait

Penelope Fillon a accumulé les contrats de travail à plein-temps au même rythme que les bocaux de confiture.

Pourtant, si le candidat des Républicains a beau crier à la «misogynie» du journal satyrique, si les faits d’emploi fictif sont avérés, sa femme «peut être mise en examen pour recel de détournement de fonds publics ou pour concussion».

Autrement dit, comme l’a relevé Le Monde :

Pour avoir reçu une somme d’argent qu’on sait ne pas être due. Par exemple, un agent public qui reçoit une prime alors qu’il sait qu’elle n’est pas méritée.

Dans les deux cas, les peines sont lourdes. Jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 1 million d’euros d’amende pour détournement de fonds publics. Et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende pour concussion.

Mais pour que les poursuites soient engagées, il faut que ces délits, une fois avérés, ne soient pas prescrits.

En tant qu’employeurs, François Fillon et son suppléant Marc Joulaud sont également susceptibles d’être poursuivis. Si les faits sont vérifiés, ils risquent une peine de prison avec sursis et une peine d’inéligibilité. Ce fut notamment le cas pour son ancien rival à la primaire de la droite, Alain Juppé. En 2004, ce dernier avait été condamné en appel dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris.

Publié le jeudi 26 janvier 2017 à 8:59, modifications jeudi 26 janvier 2017 à 8:59

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