Politique

Nicolas Hulot : Entre rumeurs et démentis, que sait-on de cette affaire ?

L’hebdomadaire Ebdo a fait état dans sa cinquième édition d’accusations de harcèlement sexuel visant Nicolas Hulot. Celui-ci, anticipant ces révélations, a évoqué de lui-même ce qu’il appelle des « rumeurs ignominieuses ».

Après une dizaine de jours de bruits de couloir, le magazine Ebdo a publié dans son cinquième numéro, à paraître ce vendredi 9 février, une enquête sur Nicolas Hulot. Selon Le Point, l’article de huit pages fait état d’accusations de harcèlement sexuel et d’une plainte pour viol classée sans suite, en 2008, à l’encontre du ministre de l’Ecologie.

Or, le présentateur d’Ushuaïa dans les années 1990 s’est défendu ce jeudi 8 février au micro de BFMTV-RMC, avant même la publication de l’enquête. Il a ainsi expliqué qu’il n’avait «rien fait qui soit hors de la morale et de l’inacceptable».

Harcèlement sexuel sur une ancienne salariée

Dans un premier temps, Ebdo fait état de propos d’une « ancienne salariée de la Fondation Hulot ». Celle-ci est aujourd’hui chargée de mission à l’Assemblée nationale. Auditionnée dans le cadre de l’affaire Denis Baupin, l’ancien député EELV accusé d’agressions sexuelles, elle avait dit avoir « connu des faits de harcèlement sexuel dans un emploi précédent ». Or, selon l’hebdomadaire, plusieurs personnes au sein de l’ancien groupe écologiste à l’Assemblée nationale sont persuadées qu’il s’agit de la Fondation Hulot et son leader éponyme. Pourtant, l’ancienne salariée de la Fondation Hulot, contactée par téléphone par l’hebdomadaire a complètement démenti ces propos rapportés.

Acte sous contrainte

Dans un deuxième temps, l’article évoque une deuxième histoire. Celle-ci est davantage détaillée par le magazine qui relate une accusation de viol. Il s’agit de celle d’une femme de 20 ans au moment des faits. Issue d’une « grande famille française », elle a rencontré Nicolas Hulot dans la villa Corse de celui-ci en 1997. Si son identité n’est pas révélée dans Ebdo, selon Le Point il s’agirait d’une petite-fille de Mitterrand. Or, le journal ne dit rien sur les faits en eux-mêmes.

Ma fille n’a jamais utilisé le mot “viol” devant moi. Elle a toujours préféré parler d’acte sous contrainte.

A glissé à Ebdo le père de la jeune femme. On apprend juste qu’ils se sont produits « chez lui » et qu’elle n’a pas porté plainte immédiatement. En effet, la jeune femme est issue d’une famille très connue en France :

Notre nom de famille aurait encore tout amplifié.

Ainsi, à l’époque, la jeune femme n’a pas porté pas plainte.

Je crois qu’elle n’a pas eu envie d’affronter tout cela.

A justifié son père.

La jeune femme, elle, explique que

Mon but n’était pas de faire juger Nicolas Hulot. Mais de le mettre devant sa conscience”.

En effet, ce n’est qu’en 2008 qu’elle a poussé la porte d’un commissariat. Alors que la prescription de l’affaire était acquise la jeune femme précise :

J’ai tenu à ce que Nicolas Hulot sache la façon dont j’avais vécu les choses, et je lui fait savoir.

Ce jeudi soir, la procureure de la République de Saint-Malo, Christine Le Crom, a confirmé dans un communiqué qu’une plainte pour « un fait de viol » avait été déposée en 2008 contre Nicolas Hulot. La plainte a été classée « sans suite », les faits étant « prescrits », précise la procureure.

C’est un cauchemar

Dans le même temps, Nicolas Hulot était invité sur le plateau de BFMTV-RMC ce jeudi. Devançant la sortie explosive de l’article, il a fermement démenti ces accusations. À la question de savoir s’il avait été accusé de harcèlement sexuel par une ancienne collaboratrice, il a répondu :

La réponse est non. Et je le dis avec autant de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira la même chose. »

Par ailleurs, contacté par Ebdo, Nicolas Hulot a accepté de répondre brièvement et par écrit aux questions posées. Il a évoqué des propos « mensongers » et « gravement diffamatoires ». Il a précisé que l’enquête avait permis de constater, suite aux auditions de la plaignante et de lui-même, « l’absence de tout agissement répréhensible ».

C’est un cauchemar, mais je suis solide, ma famille est solide.

A assuré  Nicolas Hulot.

Or, sans tarder, le ministre de l’Ecologie a reçu le soutien du Premier ministre Édouard Philippe. Ce dernier a indiqué n’avoir « aucune raison de douter de la parole » de l’ex-animateur de télévision, considéré par l’opinion comme la caution écologique du gouvernement. De plus, l’Elysée a de son côté fait savoir que le message de soutien d’Édouard Philippe « reflétait la position d’Emmanuel Macron ». La présidence a rappelé la « jurisprudence » en la matière qui exclut tout « départ d’un ministre tant qu’il n’y a pas de mise en examen ».

 

Publié le jeudi 8 février 2018 à 23:09, modifications jeudi 8 février 2018 à 23:10

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

3 Commentaires