Nicolas Hulot démissionne : “Mon acte n’est pas un acte de résignation, c’est un acte de mobilisation”, ses explications sur France Inter

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique vient d'annoncer sa démission du gouvernement. Un départ dont personne n'était prévenu, et une décision personnelle qu'il a expliqué aux auditeurs de France Inter ce matin.

Ce mardi 28 août, au micro de France Inter, Nicolas Hulot a annoncé sa démission de ses fonctions de ministre, au sein du gouvernement Édouard Philippe II. Une intention qui n’était connue que de lui-seul. Face aux journalistes perplexes, l’homme politique de 63 ans s’est justifié en direct auprès des auditeurs de l’émission de radio :

“Personne n’était au courant”, un départ tenu secret jusqu’au bout

Et selon les dires du ministre, absolument personne n’était au courant, y compris son assistant personnel présent dans le studio « … personne n’était au courant, y compris ma propre épouse. Y compris mon entourage proche. », révèle t-il.

Certains membres du Gouvernement et les collaborateurs d’Emmanuel Macron ont déjà fait part de leur réaction face à cette nouvelle inattendue. Interviewé sur BFMTV par Jean-Jacques Bourdin quelques minutes plus tard, Benjamin Griveaux affichait un sourire gêné, déclarant :

Nicolas Hulot, ministre d’une transition écologique relative

Nommé ministre en mai 2017, l’inconfort de la position de Nicolas Hulot, figure des Verts et militant écologiste, dans un gouvernement à la politique souvent contraire à ses convictions, se faisait de plus en plus pesante. Et ce malgré quelques victoires, telles que l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et la fin de la production d’hydrocarbures, ainsi que l’interdiction du glyphosate dans l’agriculture.

La problématique du nucléaire constituait le désaccord majeur entre l’écologiste et son ancien parti, qui n’avait pas bien accueilli sa nomination. Car en contrepartie de mesures favorables à l’écologie, Nicolas Hulot a dû endosser le report de l’objectif consistant à ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025, et l’entrée en vigueur provisoire de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada, le CETA.

La présence du lobbyiste pro-chasse Thierry Coste, conseiller proche d’Emmanuel Macron, lors de la réunion sur la réforme de la chasse ce lundi 27 août au soir n’aurait également pas plu à Nicolas Hulot, qui a affirmé ce matin « avoir clairement signifié qu’il [Thierry Coste] n’avait pas sa place » aux côtés du Président de la République et du premier ministre lors de cette réunion.

“Les lobbys sont là”, entre regrets et incompréhension, le ministre se livre

Ce matin sur France Inter, celui qui est encore ministre de la Transition écologique a exprimé sa lassitude quant à son poste « à la croisée des lobbys. Parce que les lobbys sont là. », évoquant sa position paradoxale au sein d’un gouvernement qui ne ferait pas des enjeux environnementaux un priorité :

Puisque je suis dans un moment de vérité… oui, [ces douze derniers mois ont été une souffrance], sauf à basculer dans ce que j’allais devenir, c’est-à-dire cynique. […] Je me suis surpris à des moments à abaisser mon seuil d’exigence […] et là je me suis dit c’est le moment d’arrêter.

A t-il confié, ajoutant « ne pas comprendre » pourquoi ces sujets pourtant connus que sont le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources et la disparition de l’écosystème sont toujours relégués au second plan.

Nicolas Hulot a néanmoins défendu le gouvernement qu’il n’estime pas directement responsable de l’irresponsabilité générale envers les enjeux écologiques, sinon la société dans son ensemble. Il dit espérer que cette décision difficile “entraînera un sursaut” et des réactions.

Modifié : 28 août 2018 12 h 24 min

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