Politique

Midterms aux Etats-Unis : Les Démocrates vont-ils pouvoir imposer un contre-pouvoir à Donald Trump ?

Si Donald Trump a perdu la Chambre des représentants et devra cohabiter avec les Démocrates, son implication a permis aux Républicains d’éviter une vague bleue pour ces Midterms.

C’est une incontestable victoire pour les Démocrates. Pourtant, les Républicains ont limité les dégâts. Ainsi, peut-on dire que Donald Trump a perdu les Midterms, les élections législatives américaines de mi-mandat ? La réponse est oui au regard des seuls résultats de ce mardi 6 novembre. Pourtant, dans les faits rien n’est moins sûr.

Les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, mais …

Or, ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis étaient parmi les plus féroces depuis plusieurs décennies dans un pays aujourd’hui très divisé. Ainsi, les Démocrates ont reconquis la majorité à la Chambre des représentants. Les Démocrates devaient enlever 23 sièges républicains pour reprendre le contrôle de la chambre basse du Congrès. Mission accomplie avec 221 élus, soit la majorité absolue des 435 sièges, alors que 20 sièges sont encore à attribuer. Ce qui signifie qu’ils peuvent désormais bloquer les réformes du président américain.

Sauf que cette vague démocrate n’a pas non plus atteint le Congrès. En effet, les Républicains conservent le Sénat et y renforcent même leur majorité. Ce qui signifie pour Donald Trump, qu’aucun véritable leader ne se profile, pour l’instant, face à lui pour l’élection présidentielle de 2020. Par ailleurs, dans les faits, la majorité républicaine élargie au Sénat permet également à Donald Trump de poursuivre les nominations de juges conservateurs à un rythme soutenu.

Rappelons que Donald Trump a souhaité faire de ces Midterms un référendum sur les deux premières années de son mandat. Si à priori, il semble avoir perdu son pari, par certains aspects, le locataire de la Maison-Blanche, très impliqué dans la campagne, sort renforcé de cette séquence.

Une marge de manœuvre réduite pour Donald Trump

A l’annonce des résultats, le président américain a, dans son style caractéristique, qualifié la soirée électorale « d’immense succès ».

Pourtant, Donald Trump sait qu’il va désormais être contraint de tenir compte de l’avis des Démocrates. Or, cette cohabitation s’annonce d’ores et déjà chaotique. En effet, la proche conseillère du président, Kellyanne Conway, a rapidement prévenu :

Donald Trump est conscient qu’il devra travailler avec les Démocrates au Congrès.

A-t-elle affirmé, avant de rejeter par avance la faute sur ces derniers. Elle les a notamment accusé d’avoir « montré peu d’appétit pour travailler avec le président ». Ainsi, le retour des Démocrates aux commandes de la Chambre devrait surtout freiner les ambitions du président américain en matière de politique économique et migratoire.

Par ailleurs, en prenant le contrôle de la chambre basse, les démocrates s’offrent la possibilité de lancer une procédure de destitution contre le Donald Trump. D’un côté, l’état-major démocrate a laissé entendre qu’il était réticent à déclencher cette option explosive. Et probablement vouée à l’échec face au Sénat républicain, qui a le dernier mot. Pourtant, d’un autre côté, la jeune garde progressiste, fraîchement élue, pourrait ne pas s’embarrasser de telles considérations. Ne serait-ce que pour déstabiliser le locataire de la Maison-Blanche.

Or, la menace la plus grave qui pèse sur Donald Trump après ces Midterms concerne davantage les enquêtes concernant le président américain et son entourage. En effet, en contrôlant la Chambre des représentants, l’opposition démocrate aura désormais les mains libres pour lancer des enquêtes parlementaires à tout-va. Et notamment celles sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et la Russie.

Finalement, de l’avis de l’ensemble des éditorialistes outre-Atlantique, plus nuancés que prévus, les résultats des Midterms pourraient pousser Donald Trump à « être plus trumpiste que jamais ». De plus, après ces dernières semaines à sillonner les Etats-Unis, Donald Trump semble plus déterminé que jamais. Et l’actuel président n’aurait plus qu’une date en tête : le 3 novembre 2020, date de l’élection présidentielle.

 

Publié le jeudi 8 novembre 2018 à 12:11, modifications jeudi 8 novembre 2018 à 12:11

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