Politique

Photos trash de Daesh : Marine Le Pen perd son immunité parlementaire

Marine Le Pen a vu son immunité parlementaire levée dans l’affaire des images d’exactions de l’Etat islamique diffusées sur Twitter.

Le bureau de l’Assemblée nationale a décidé mercredi 8 novembre, après une demande judiciaire, de lever l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Il est reproché à la présidente du Front national d’avoir diffusé sur Twitter des photos d’exactions de l’Etat islamique.

En réponse à Jean-Jacques Bourdin

Ainsi, la plus haute instance collégiale de l’Assemblée, composée de 22 députés, ne s’est pas prononcée sur le fond du dossier, comme d’ordinaire. En fait, elle a jugé « le caractère sérieux, loyal et sincère » de la demande de la justice. En effet, le 16 décembre 2015, Marine Le Pen avait publié sur son compte Twitter des photographies extrêmement choquantes. Elles mettaient en scène des victimes de l’organisation terroriste.

Elle avait diffusé trois clichés, dont ceux de l’exécution du journaliste américain James Foley, accompagnés du texte : « Daech c’est ça ! ».

Or, en publiant ces images, la députée du Pas-de-Calais, entendait protester contre le « parallèle ignoble » fait entre le groupe terroriste et le Front national par le journaliste Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV. Marine Le Pen ayant reproché au journaliste un « dérapage inacceptable ».

Une enquête préliminaire avait été lancée en décembre 2015 par le parquet de Nanterre pour « diffusion d’images violentes ». Elle visait Gilbert Collard et Marine Le Pen, alors eurodéputée. Ensuite, deux informations judiciaires distinctes avaient été ouvertes. Or, fin septembre, le bureau avait levé l’immunité de Gilbert Collard, pour les mêmes raisons. L’élu du Gard a depuis annoncé avoir déposé un recours au tribunal administratif afin de faire annuler la décision. En outre, il entend porter plainte contre le président de l’Assemblée François de Rugy.

“Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu’une députée”

Cependant, la décision de l’Assemblée nationale n’a pas manqué de provoquer l’exaspération de Marine Le Pen.

Celle-ci s’est emparée de son compte Twitter pour annoncer ce qu’elle pensait de cette levée d’immunité :

Avant cela, la députée frontiste avait dénoncé une « décision de basse politique politicienne ». Cette levée de l’immunité parlementaire va doit permettre qu’un mandat d’amener soit délivré. Dans ce cas, Marine Le Pen devra se rende aux convocations du juge. En effet, un député ne peut pas faire l’objet d’une arrestation, de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté sans l’autorisation du bureau de l’Assemblée.

Pour rappel, le 2 mars dernier, c’est le Parlement européen qui avait voté la levée de l’immunité parlementaire de l’eurodéputée. Une décision intervenant dans le même dossier. Et faisant suite d’une demande du parquet de Nanterre.

Publié le jeudi 9 novembre 2017 à 13:13, modifications jeudi 9 novembre 2017 à 11:44

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