Politique

Manuel Valls vs Emmanuel Macron : la valse des idées

Quand l’un propose de supprimer l’ISF, l’autre déclare que ce serait une faute. Combat des idées au sommet.

Lorsqu’il a été promu au sein du gouvernement en août 2014, Emmanuel Macron était présenté comme la carte libérale de François Hollande.

Il n’aura pas fallu très longtemps à cet énarque et ancien banquier d’affaire pour exploiter ce statut et multiplier les propositions explosives et briser quelques tabous à gauche.

Friand des déclarations contestataires, le patron de Bercy a une nouvelle fois subit les foudres de son chef de gouvernement, Manuel Valls.

Ainsi, la dernière déclaration d’Emmanuel Macron concernant ses doutes quant à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune n’a pas manqué de faire réagir Manuel Valls.

Ce mercredi 20 avril, Le Figaro avait retranscrit les déclarations du ministre de l’Economie, faîtes dans la revue Risques :

Je pense que la fiscalité sur le capital actuel n’est pas optimale. Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF

Créé par la loi des Finances en 1989, l’ISF avait succédé à l’Impôt sur les Grandes Fortunes, instauré par François Mitterrand et le gouvernement Mauroy en 1982 et abrogé en 1987 par Jacques Chirac au cours de la cohabitation et a depuis subi de multiples aménagements.

S’agissant d’un impôt sur les actifs et non sur les flux, l’ISF ne taxe pas les plus-values mais la simple détention de bien. En résumé, un capital qui ne rapporte rien est imposé aussi lourdement qu’un capital offrant un fort rendement.

De l’avis du Premier Ministre, il est certes toujours envisageable d’améliorer cet impôt, le supprimer serait au contraire « une faute ».

Au micro de France Info, ce matin, le chef du gouvernement a en effet déclaré :

Au moment où nous créons cette prime d’activité, où nous nous attaquons pleinement à ce fléau que représente la pauvreté (…) au nom même de la justice, supprimer l’impôt sur la fortune serait une faute.

Et d’ajouter :

Je demande à chaque ministre, puisqu’il reste encore un an, d’être pleinement attelé à sa fonction, à sa mission. Il y a encore beaucoup à faire pour l’économie française, pour la rendre plus compétitive, pour soutenir nos entreprises en France et à l’étranger.

Et de conclure :

Que chacun soit concentré sur sa tâche dans la cohérence et dans la loyauté.

Les opposants à l’ISF estiment que la surfiscalisation du capital pénalise l’investissement et donc la croissance mais surtout l’emploi. Du côté des Républicains, la suppression pure et simple de l’ISF fait partie des points de campagne défendus aussi bien par Nicolas Sarkozy, Alain Juppé en passant par François Fillon.

L’ISF pourrait donc bien disparaître du champ fiscal en cas de changement de majorité en 2017 …

Publié le jeudi 21 avril 2016 à 12:17, modifications jeudi 21 avril 2016 à 12:20

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