Politique

Manuel Valls relance le débat sur le revenu universel et tacle au passage la droite

Dans un message publié sur son compte Facebook, le Premier ministre défend « une simplification » et une extension des minimas sociaux.

Deux jours après l’annonce par Matignon de mesures de simplification des minima sociaux, Manuel Valls a défendu ce mercredi 21 septembre sur son compte Facebook ce qu’il appelle « faire preuve de bon sens » notamment sur le revenu universel.

Dans cette tribune il défend l’efficacité de la « politique volontariste en matière de pauvreté » du gouvernement depuis 2012.

Pour étayer ses propos, le Premier ministre rappelle les mesures annoncées lundi 19 septembre, c’est-à-dire :

  • de nouvelle hausse du RSA pour la quatrième année consécutive,
  • la mise en place dès 2017 d’un portail numérique qui permettra de faire une simulation des droits auxquels il est possible de prétendre,
  • l’engagement d’une simplification administrative, afin d’éviter la délivrance des mêmes documents à l’administration,
  • la simplification des modes de calcul des prestations sociales.

 

Manuel Valls insiste également sur une idée qu’il avait déjà évoquée en avril et relancée la semaine dernière : le revenu universel, qu’il définit comme

Une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant.

Mais pour que cela soit rendu possible, le chef du gouvernement souhaite

Engager un dialogue avec tous les acteurs pour construire une réponse souple, plus simple et donc plus efficace, qui prenne en compte les situations individuelles.

Si Manuel Valls ne donne pas de précision sur un éventuel calendrier ou les acteurs concernés, il précise que cette mesure ne pourra pas être mise en place avant la présidentielle.

Cependant, elle pourrait tout à fait être l’une des pistes du programme du candidat socialiste qui sera désigné pour l’élection présidentielle de 2017.

Enfin, dans sa lettre, Manuel Valls s’en prend à nouveau au discours sur « l’assistanat » et les « assistés », régulièrement décrié à droite :

Je n’accepte pas que l’on traite ‘d’assistés’ plus de 8 millions de nos compatriotes – jeunes qui cherchent un emploi, salariés modestes ou en formation, retraités avec des petites pensions.

En effet, parmi les candidats à la primaire de la droite, l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy avait proposé fin août que les jeunes sans emploi ou formation soient soumis à un service militaire obligatoire à l’occasion duquel « ils apprendraient à se lever tôt ».

Je n’accepte pas que l’on pointe du doigt les plus faibles, car c’est faire injure à des femmes, des hommes, des enfants pour qui la vie est dure. C’est faire injure, aussi, à notre République, en l’amputant d’une valeur essentielle : la solidarité.

Termine-t-il.

Ainsi, cette tribune semble être l’occasion pour le Premier ministre de sortir des discours identitaires qui ne cessent de jalonner cette période électorale. Manuel Valls souhaite réaffirmer ses positions sociales et surtout défendre le bilan de son gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté et la précarité, sujets qui seront également au coeur des campagnes des candidats à l’élection présidentielle de 2017.

Publié le mercredi 21 septembre 2016 à 15:59, modifications mercredi 21 septembre 2016 à 15:09

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