Politique

Louis Gallois accuse le gouvernement de minorer le nombre de SDF

L’ancien président de la SNCF a réagi aux propos de Sylvain Maillard, le député LREM qui expliquait que la majorité des SDF vivaient aujourd’hui dans la rue par choix.

Face aux récentes polémiques, Louis Gallois, l’ancien président de la SNCF s’interroge sur le rôle du gouvernement d’Emmanuel Macron. Il demande à ce que l’on arrête de minorer le nombre de SDF en France.

“Personne ne peut donner foi à de telles déclarations”

Il y a quelques jours, le député LREM Sylvain Maillard, expliquait que la majorité des SDF vivaient aujourd’hui dans la rue par choix. Une déclaration qui faisait écho à plusieurs prises de position fortes du gouvernement d’Emmanuel Macron sur le sujet. Celui-ci a fait de l’hébergement un axe prioritaire depuis l’été dernier. Mais, la communication politique va désormais trop loin selon Louis Gallois.

Interrogé par nos confrères du Journal du Dimanche, celui qui est désormais président de la Fédération des acteurs de la solidarité reconnaît le travail de fond engagé et ne veut pas “nier les efforts engagés”. Mais, pour lui, dire que seulement 50 SDF dorment dans la rue à Paris est insupportable.

Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations

déclare-t-il ainsi.

Pour ceux qui selon Sylvain Maillard dormiraient dehors par choix, sa réponse est identique. “Ces cas restent marginaux. En faire une règle générale, c’est extrêmement choquant” développe-t-il ainsi. Enfin, il accuse le gouvernement d’avoir “une volonté politique de minorer le nombre de SDF”. L’occasion pour lui de demander une “nouvelle enquête pour avoir des chiffres actualisés”. La dernière étude, menée par l’INSEE en 2012, situait le nombre de SDF à 143.000.

Sortir de la politique du chiffre

Au cœur de ses propos, la volonté de sortir de la politique du chiffre qui serait selon lui en vigueur actuellement.

Les préfets se sentent liés par les engagements d’Emmanuel Macron et n’hésitent pas à minorer les chiffres dans leurs régions.

explique celui qui fut président de la SNCF ou d’EADS.

Enfin, selon lui, la véritable problématique se pose dans la durée. Que se passera-t-il une fois l’hiver terminé ? A l’heure actuelle, le nombre de places d’hébergement a été augmenté de 11%. 1000 places supplémentaires ont été ajoutées mécaniquement par le déclenchement du plan grand froid. Mais qu’arrivera-t-il après ? Il prend ainsi l’exemple du précédent gouvernement.

Le précédent gouvernement avait ouvert 10.800 places l’hiver dernier (contre 13.800 cette année) mais il en avait pérennisé la moitié au 31 mars 2017. Là nous n’avons aucune information. Le sans-logement, ce n’est pas seulement l’hiver.

Publié le lundi 12 février 2018 à 9:28, modifications lundi 12 février 2018 à 8:57

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