Politique

Libye : Selon Barack Obama, Nicolas Sarkozy voulait “se mettre en avant”

Dans une interview accordée au magazine The Atlantic, Barack Obama fait le point sur le bilan de la politique étrangère américaine. Le président américain a dit ce qu’il pensait de la gestion de la crise libyenne menée par ses homologues français et anglais, Nicolas Sarkozy et David Cameron, et il n’est pas allé de main morte.

Dans une série d’entretiens avec le magazine The Atlantic, publié jeudi 10 mars 2016, Barack Obama revient sur la crise libyenne et notamment l’intervention menée avec la France et le Royaume-Uni en 2011. Une coalition conduite conjointement par la France et la Grande-Bretagne puis l’Otan ont conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi. D’après Barack Obama, on ne peut pas dire que cette intervention aurait été un succès total. Le president des Etats Unis parle de

désordre,  merdier (shit show, ndlr).

et la France et le Royaume-Uni auraient eu un rôle

de passagers clandestins.

A en croire ses propos, ses homologues auraient donc été passifs. Barack Obama leur reproche notamment de ne pas s’être investis dans la reconstruction de la Libye :

C’est devenu une habitude ces dernières décennies dans ce genre de circonstances. Des gens qui nous poussent à agir mais qui ensuite ne sont pas du tout prêts à s’engager. Quand je regarde en arrière et que je me demande ce qui n’a pas marché, j’admets qu’il y a des critiques à faire, parce que j’espérais que les Européens, étant donné leur proximité avec la Libye, seraient plus impliqués dans le suivi de ce pays.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, n’a pas été épargné.

Distrait par une série d’autres choses

il aurait ensuite délaissé la Libye. Quant à Sarkozy, il

voulait claironner la participation de la France à la campagne aérienne.

Il voulait se mettre en avant. Pour Barack Obama, l’intervention en Libye est un échec et n’a pas marché, laissant la Libye en pagaille. Les propos d’Obama sur David Cameron ont provoqué des réactions dans les médias britanniques, certains comme l’Independent le perçoivent comme une attaque. Un porte parole de Downing Street admet

qu’il reste beaucoup de défis difficiles à relever en Libye. Mais comme le Premier ministre l’a répété à de nombreuses reprises: venir en aide à des civils innocents qui se faisaient torturer et tuer par leur leader était le bon choix

A l’époque, Edwy Plenel, directeur de rédaction de Mediapart déplorait un calcul politicien de Nicolas Sarkozy. Un calcul aux conséquences nauséabondes. Aujourd’hui, la Libye est tiraillée entre des milices rivales qui se disputent le pouvoir et la montée en puissance de l’EI qui a profité de la situation pour monter en puissance. Si l’Etat libyen s’est effondré, la situation politique s’embourbe laissant les civils impuissants.

Publié le dimanche 13 mars 2016 à 10:37, modifications dimanche 13 mars 2016 à 10:37

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