Politique

Les prochains concerts de Médine au Bataclan suscitent la colère des élus

Médine interprétera en live les morceaux de son nouvel album intitulé “Jihad” au Bataclan. De nombreux élus de droite ont fait part de leur indignation sur Twitter afin que le concert du rappeur soit annulé.

 Ce week-end du 9 juin, de nombreux élus et responsables de la droite et de l’extrême-droite sont montés au créneau et ont manifesté leur vif mécontentement sur les réseaux sociaux. La raison de cette indignation ? Les deux concerts du rappeur Médine, prévus au mois d’octobre au Bataclan. Car le rappeur s’est fait remarquer en 2005, lors de la sortie de son album Jihad, Le Plus Grand Combat Est Contre Soi-Même, qui contient des chansons aux paroles volontairement provocatrices qui en ont choqué plus d’un. Un morceau intitulé Don’t Laïk, dans lequel il dénonce l’hypocrisie de la laïcité, est également dans le viseur de ses détracteurs.

Médine, un habitué des polémiques

Natif du Havre, le rappeur commence sa carrière à la fin des années 90 et sort son premier album 11 septembre, Récit du 11ème jour en 2004. Très engagé, il a souvent pour thème les relations de la France vis-à-vis de l’Algérie, la situation en Afrique ainsi que le conflit perpétuel israelo-palestinien. Peu habitué à faire dans la dentelle, les paroles de son titre Don’t Laïk, dans lequel il déclare “Crucifions les laïcards comme à Golgotha” ont toujours été assumées, comme il l’expliquait aux Inrocks en 2015 :

J’ai toujours utilisé la provocation comme un piège positif. L’idée est d’amener les gens par la provocation.

Il atténuera néanmoins ses propos en 2017, reconnaissant avoir dépassé les limites :

La provocation n’a d’utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don’t Laïk, c’était inaudible, et le clip a accentué la polémique. J’ai eu la sensation d’être allé trop loin.

“Hors de question de laisser faire !”

Dans l’un de ses derniers morceaux, Médine faisait part de son souhait de pouvoir un jour se produire au Bataclan. Mais ce désir n’est pas partagé par la plupart des élus de droite. La députée Valérie Boyer, le sénateur Roger Karoutchi, ainsi que d’autres, ont fait savoir leur façon de penser.

Laisser un rappeur islamiste, qui se revendique “islamo-racaille” et reprend l’imagerie du jiahd, se produire au Bataclan : la dernière provocation en date. Pour l’honneur des victimes du 13 novembre, hors de question de laisser faire !

Telles sont les paroles de Stéphane Ravier, sénateur FN des Bouches-du-Rhône.

 

La présidente du Rassemblement National, Marine Lepen, a également réagi sur Twitter :

Éric Ciotti s’est quant à lui exprimé dans un communiqué sans équivoque :

Si la liberté d’expression est un droit fondamental, il y a des symboles qui ne peuvent être profanés. Je demande au Président Emmanuel Macron d’interdire ce concert.

Selon Le Monde, la direction du Bataclan, pour l’instant, reste sourde aux différentes demandes d’entretien.

Publié le lundi 11 juin 2018 à 9:59, modifications lundi 11 juin 2018 à 9:04

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