Politique

Législatives en Colombie : Victoire du parti opposé à l’accord de paix avec les FARC

La droite opposée à l’accord de paix avec l’ex-guérilla FARC est arrivée en tête des législatives de dimanche en Colombie.

Plus de 36 millions d’électeurs étaient appelés à voter, à l’issue d’une campagne marquée par des violences contre les FARC, pour les élections législatives en Colombie ce dimanche 11 mars. Même s’il n’a pas réussi à obtenir la majorité, le parti opposé à l’accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) est arrivé en tête.

En effet, victorieux de la coalition de droite, c’est le Centre démocratique du sénateur et ex-président Alvaro Uribe, farouche adversaire de l’accord avec les FARC, qui a recueilli le plus de voix. Obtenant 19 sièges au Sénat et 33 sièges à la chambre des députés. Une victoire qui suscite l’incertitude quant à la mise en oeuvre de cet accord signé avec l’ancienne guérilla, en 2016.

Un scrutin historique

L’image la plus symbolique de ce scrutin post conflit est celle des anciens chefs guérilleros déposant leur bulletin de vote dans une urne pour la première fois de leur existence. En effet, pour la première fois en plus d’un demi-siècle de conflit armé, les Colombiens ont pu voter sans la menace des guérillas. Le président Juan Manuel Santos a salué « les élections les plus sûres, les plus transparentes de l’histoire récente du pays ».

Par ailleurs, au Congrès, les petits partis, les Verts, la gauche et les évangélistes, qui sont favorables à l’accord de paix, ont créé la surprise en remportant 20 % des sièges. De plus, l’accord avec les FARC garantit 10 des 280 sièges du nouveau Parlement à l’ancienne guérilla marxiste. Celle-ci est devenue la Force alternative révolutionnaire commune, sous le même acronyme.

Un ex-guérilleros au Parlement

Pourtant, selon les analystes les grands équilibres se maintiennent.

Les lignes ont très peu bougé. Ce sont plutôt des ajustements.

A rassuré à l’AFP Frédéric Massé, expert en conflit armé et processus de paix à l’université Externado.

Les ex-rebelles, qui ont quitté la lutte armée dans la jungle des Andes pour l’arène politique, étaient visiblement émus dimanche.

Je vote pour la première fois de ma vie et je le fais pour la paix.

A assuré le futur sénateur Pablo Catatumbo, 64 ans. Il s’est rendu aux urnes sous la protection de gardes du corps. En effet, l’ex-commandant rebelle avait pris le maquis en 1975 et n’avait jamais voté.

A présent, la droite devrait peser sur la présidentielle. Les scrutins sont prévus les 27 mai et 17 juin prochains.

Publié le lundi 12 mars 2018 à 11:14, modifications lundi 12 mars 2018 à 10:05

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