Politique

Législatives 2017 : Que retenir des investitures de la République en marche

Le mouvement du président Macron a dévoilé ce jeudi, une large partie de ses candidats investis aux législatives. Si le mot d’ordre est celui du renouvellement, quels sont les critères auxquels doivent répondre les candidats ?

Mardi 9 mai, Manuel Valls avait annoncé au micro de RTL qu’il serait candidat de la majorité présidentielle aux élections législatives de juin sous l’étiquette La République En Marche! (LREM). Pourtant, selon Jean-Paul Delevoye, le président de la commission d’investiture du mouvement LREM, il ne respecte pas tous les critères pour devenir candidat.

En effet, le député de l’Essonne n’est pas adhérent au mouvement “En Marche!”. Or, il s’agit d’une condition essentielle pour pouvoir être investi.

Alors quels sont les autres critères pour pouvoir faire campagne sous l’étiquette du président nouvellement élu ?

Ainsi, pour être candidat de LREM, toutes les conditions à remplir pour voir sa candidature considérée sont indiquées sur le site internet du mouvement dédié aux élections législatives.

Casier judiciaire vierge, pas de condamnation à une peine d’inéligibilité. Mais aussi engagement à défendre le projet du président de la République. Et surtout être adhérent d’En Marche !.

Autant de critères qui sont retenus par le mouvement.

Une sélection drastique

La Commission Nationale d’Investiture (CNI) a eu fort à faire.

En effet, pas moins de 350 heures de réunion ces trois derniers mois ont été nécessaires pour trancher la question des investitures.

Ainsi, plusieurs critères ont été appliqués pour choisir, notamment « la connaissance du programme et la capacité à l’expliquer ». Mais aussi la popularité au niveau local et « la capacité opérationnelle à faire campagne ».

La double appartenance possible 

Si la double appartenance est tolérée,  pour les législatives les candidats devront être administrativement inscrits sous le nom La République En Marche!.

En outre, ils devront siéger dans le groupe qui sera constitué à l’Assemblée nationale. « Une personne peut candidater peu importe son engagement politique passé, dans le champ républicain ».

Le processus est différent pour le Modem en raison de l’alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron conclue en février dernier.

Ainsi, ils pourront faire administrativement partie du Modem et auront la possibilité de constituer leur propre groupe à l’Assemblée.

La parité parfaite

Le mouvement s’est en effet fixé comme objectif d’atteindre une parité parfaite « y compris dans les circonscriptions réputées favorables », c’est-à-dire celles où la victoire est déjà prévisible.

Pour l’instant, 428 candidats ont été investis en respectant scrupuleusement la parité, soit 214 femmes et 214 hommes.

Il reste encore 149 circonscriptions à pourvoir en théorie. En fait, 148 en pratique, puisque LREM ne désignera personne face à Manuel Valls dans l’Essonne.

Plus de la moitié issus de la société civile

C’était l’un des engagements d’Emmanuel Macron pendant sa campagne. La moitié de ses candidats aux législatives doivent être issus de la société civile. Ils n’ont donc jamais exercé quelque mandat électif que ce soit.

Pour l’instant, pari tenu. Selon Richard Ferrand, 52% des investis sont dans ce cas là.

Reste à voir dans le détail s’ils ont bel et bien été placés sur des circonscriptions gagnables ou non. Et si le pourcentage sera toujours respecté une fois la liste complétée.

En tout cas, cet impératif risque de laisser une bonne partie de la classe politique désireuse de rejoindre le mouvement de Macron sur le carreau…

Or, en plus d’être souvent des néophytes en politique, les candidats LREM sont jeunes.

En effet, les investis ont 46 ans en moyenne, alors que l’âge moyen des députés sortants est de 60 ans. Le plus jeune candidat a 24 ans, la plus âgée 72. L’écrasante majorité (93%) est en activité professionnelle, 2% sont en recherche d’emploi, 4% sont retraités et 1% étudiants.

Des circonscriptions en attente

Enfin, sur les 148 circonscriptions qui restent à pourvoir, plusieurs sont préemptées par des poids lourds de la politique.

Or le fait que LREM n’y ait pas désigné de candidat ne doit rien au hasard.

Ainsi, personne n’a été investi face aux députés Les Républicains proches de Bruno Le Maire, Franck Riester (5ème circonscription de la Seine-et-Marne) et Thierry Solère (9ème dans les Hauts-de-Seine).

À Paris, personne non plus n’a été désigné face à Nathalie Kosciusko-Morizet.

En fait, toutes ces personnalités de droite, modérées, sont pressenties pour, sinon s’allier, du moins coopérer avec une majorité présidentielle.

De même, aucune investiture LREM face à Myriam El Khomri dans le 18ème arrondissement de Paris n’a été arrêtée. Tout comme dans la 3ème circonscription d’Indre-et-Loire, celle de Marisol Touraine, ou la 4ème de la Sarthe, dont est issu Stéphane Le Foll.

Publié le vendredi 12 mai 2017 à 10:26, modifications vendredi 12 mai 2017 à 9:53

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