Politique

Législatives 2017 : Perspectives sur le « troisième tour » de l’élection présidentielle

Alors que les citoyens français s’apprêtent à se rendre aux urnes dans le cadre de l’élection présidentielle le dimanche 23 avril et le dimanche 7 mai 2017, un autre scrutin décisif pourrait renouveler le paysage politique français. Les élections législatives vont en effet se dérouler dès le mois de juin 2017. Le nouveau locataire de l’Elysée devra donc préparer une campagne intensive afin de réussir à obtenir une majorité à l’Assemblée pour gouverner sans devoir recourir au processus du 49.3 pour faire passer ses réformes.

L‘élection présidentielle sera suivie cette année d’un second scrutin décisif, les élections législatives. Le flou persiste encore sur le candidat qui succédera à François Hollande à l’Elysée. L’élection présidentielle reste très indécise à moins de vingt jours du premier tour. Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau chef de l’Etat devra tenter de constituer une majorité solide dans la future Assemblée afin de gouverner sans entrave et pour mener ses réformes à bien. Alors que le lancement officiel de la campagne présidentielle va débuter le lundi 10 avril, les élections législatives mobilisent déjà de nombreux députés dans l’ombre.

Législatives 2017 : Une nouvelle Assemblée dès le mois de juin ?

Le premier tour des élections législatives se déroulera le 11 juin 2017. Le second tour est programmé pour le 18 juin 2017. Les élections législatives se déroulent tous les 5 ans. Cette élection permet de désigner grâce au suffrage universel direct les 577 députés de l’Assemblée nationale. 289 députés sont donc nécessaires pour obtenir la majorité.

Le rôle de l’Assemblée est de discuter et de voter les lois. Chaque député est élu au sein d’une circonscription qu’il représente à l’Assemblée. Les élections législatives sont un scrutin à deux tours par circonscriptions. Le nouveau visage de l’Assemblée nationale sera donc connu au soir du 18 juin 2017.

Rappel des conditions et du déroulement du vote dans le cadre des élections législatives

Un candidat peut être élu dès le premier tour s’il parvient à obtenir plus de 50% des suffrages exprimés. Pour être déclaré grand gagnant dès le premier dimanche du vote, le candidat doit également récolter au minimum 25% des inscrits. Si aucun candidat n’est élu dès le premier tour, les deux qualifiés pour le second tour sont les deux candidats à être parvenus en tête à l’issue du premier tour.

Des triangulaires ou des quadrangulaires peuvent avoir lieu dans le cadre des élections législatives. Plusieurs candidats peuvent se maintenir au second tour, à condition d’avoir obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% des électeurs inscrits. Les candidats présents au second tour peuvent décider de se maintenir ou de se désister au profit d’un autre. A l’issue du second tour, c’est le candidat qui parvient à obtenir le plus grand nombre de voix qui est élu député.

Les citoyens majeurs et inscrits sur les listes électorales avant le 23 décembre 2016 pourront voter aux élections législatives. Les Français de l’étranger vont pouvoir voter par correspondance pour ce scrutin. Le vote par Internet n’a pas été reconduit pour cette nouvelle élection législative. D’après des informations du Figaro, le ministère des Affaires étrangères a pris la décision, en mars dernier, de suspendre le vote en ligne pour des raisons de risques de cyberattaques.

Les élections législatives de 2017 : la fin du bipartisme français ?

Après les polémiques sur les affaires qui ont entaché la campagne des Républicains et la guerre des gauches avec l’effondrement du Parti Socialiste dans les sondages, les deux principaux partis politiques pourraient jouer leur survie politique aux élections législatives. Ce nouveau scrutin est très imprévisible. Le balancier droite-gauche et la confrontation entre la droite républicaine et le Parti Socialiste serait effectivement sur le point de voler en éclat.

Les scénarios envisagés

La droite rêve d’une cohabitation à l’Assemblée avec une majorité remportée par Les Républicains en cas de succès du candidat du mouvement En Marche. En cas de victoire d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen à la présidentielle, certains observateurs craignent un retour à l’instabilité gouvernementale de la IVème République.

Les deux candidats (FN et En Marche) pourraient avoir des difficultés à obtenir une majorité lors des élections législatives. Le gouvernement du président élu en mai aura pourtant absolument besoin d’une majorité à l’Assemblée pour faire voter les lois et les réformes. Le résultat des élections législatives est donc encore très indécis pour le moment. Beaucoup d’incertitudes planent également en cas de défaite d’Emmanuel Macron. Les candidats En Marche seront-ils bien présents aux législatives malgré l’absence éventuelle de leur candidat au second tour de l’élection présidentielle ?

Des députés très attachés à leur poste à l’Assemblée

Selon une enquête menée par France Info en janvier dernier, deux députés sur trois souhaiteraient se représenter dans le cadre des élections législatives de juin prochain. 486 députés sortants auraient ainsi déjà décidé de briguer un nouveau mandat aux prochaines législatives. Près de 118 préféreraient céder leur fauteuil. Les députés restants étaient encore plongés en plein doute.

Deux élus sortants sur trois ont donc la ferme intention de garder leur poste au palais Bourbon. Ils sont actuellement engagés dans la campagne des législatives pour briguer un nouveau mandat.

La loi limitant le cumul des mandats entrera pourtant en vigueur en juin. De nombreux députés cumulent actuellement un mandat législatif avec un exécutif local. Ils devront donc faire un choix d’ici au mois de juin. Certains délaisseront donc leur siège à l’Assemblée. Les détracteurs de cette réforme craignent que les députés soient totalement déconnectés du terrain. Les députés-maires vont donc devoir trancher entre l’Assemblée nationale ou leur mission locale ! Le paysage politique français pourrait donc, en réalité, être renouvelé à minima, de manière interne dans chaque parti.

Les citoyens pourraient donc accentuer ce phénomène et être les seuls véritables artisans du renouveau de la classe politique en donnant, avec leurs bulletins de vote, une majorité au candidat Emmanuel Macron avec ses élus En Marche en cas de victoire à la présidentielle. La recomposition du paysage politique français signerait définitivement la fin du bipartisme. Le balancier traditionnel entre la gauche et la droite pourrait donc être cette année balayé par le mouvement En Marche.

La stratégie d’Emmanuel Macron et du mouvement En Marche pour les élections législatives

Emmanuel Macron a d’ailleurs récemment présenté les 14 premiers candidats de son mouvement En Marche pour les élections législatives des 11 et 18 juin prochains. Le jeune candidat à l’élection présidentielle souhaite démontrer aux électeurs et à ses adversaires qu’il est en mesure de réunir une majorité une fois en poste à l’Elysée.

Un appel à candidatures avait été lancé en janvier 2017. Le mouvement En Marche souhaitait présenter un candidat dans les 577 circonscriptions. Jean-Paul Delevoye, le président de la commission d’En Marche, a fourni un travail titanesque pour la nomination et le choix des représentants du mouvement pour les élections législatives. Les premiers noms ont été dévoilés à l’occasion du passage d’Emmanuel Macron sur le plateau de L’Emission Politique de David Pujadas et Léa Salamé sur France 2.

Parmi ces 14 premiers candidats du mouvement En Marche aux législatives, on compte sept hommes et sept femmes. La directrice adjointe du CHU de Toulouse (Elisabeth Toutut-Picard) et l’ancien directeur du Raid (Jean-Michel Fauvergue) font notamment partie de ces premiers candidats officiels de la campagne des législatives pour le camp d’En Marche.

Le pire ennemi d’En Marche aux législatives serait-il le Parti Socialiste ?

Emmanuel Macron entend relever le défi des élections législatives même si la tâche s’annonce rude. Les défis à relever seront extrêmement délicats. L’ancien ministre de l’Economie du gouvernement de François Hollande aura fort à faire face au Parti Socialiste dans la campagne des législatives.

Selon des précisions du Figaro, le responsable du numérique pour le mouvement d’Emmanuel Macron, Mounir Mahjoubi, sera ainsi opposé à Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, dans la seizième circonscription de Paris. En Seine-Saint-Denis, Alexandra Aidara (En Marche) va affronter Élisabeth Guigou, ancienne ministre socialiste, élue députée dans la sixième circonscription. Le secrétaire national en charge des relations avec le Parlement, Eduardo Rihan Cypel (PS) sera confronté, dans la huitième circonscription de Seine-et-Marne, à Jean-Michel Fauvergue (En Marche).

Des candidats atypiques et engagés bientôt à l’Assemblée ?

D’autres candidats pourraient également faire la une des médias dans les semaines à venir dans le cadre des élections législatives. Leur statut particulier devrait apporter un souffle nouveau en politique et un espoir aux citoyens en cas de victoire. Ils sont issus de la société civile.

Le chanteur Francis Lalanne va ainsi tenter de briguer un siège de député d’après des informations du Parisien. Francis Lalanne est à la tête du mouvement écocitoyen « 100% ». Il avait déjà obtenu 3% des voix en 2007 lors de son précédent engagement. Cette formation politique disposera de 577 candidats au mois de juin pour chaque circonscription. Le mouvement porté par la candidature emblématique de Francis Lalanne rassemble en réalité 28 groupes citoyens et écologistes, dont l’Alliance écologiste indépendante cofondée par l’artiste et poète avec Jean-Marc Governatori en 2009.

Ce mouvement ambitieux engagé dans la course aux législatives :

propose une alternative citoyenne aux professionnels de la politique. […] 0% politicien, 100% citoyen.

Le candidat à la présidentielle Jean Lassalle est d’ailleurs également associé à ce mouvement.

Nuit Debout à l’Assemblée Nationale ?

François Ruffin, à la tête de la rédaction du journal Fakir, réalisateur du documentaire « Merci Patron ! » et à l’origine du mouvement Nuit Debout se présente également aux élections législatives de 2017. Il sera le candidat de la gauche mais sans l’étiquette du Parti Socialiste.

François Ruffin se présente dans la première circonscription de la Somme (Abbeville, Amiens-Nord) d’après des révélations du Courrier Picard. Ce citoyen engagé au discours militant se présente aux législatives sous l’étendard de « La Picardie debout ». Il bénéficie également du soutien du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, « La France Insoumise ». Les écologistes d’EELV, le PCF et le mouvement de Clémentine Autain, « Ensemble », le soutiennent également.

La région Picardie a été le théâtre d’un conflit social terrible avec en toile de fond la campagne électorale. L’usine Whirlpool d’Amiens est en effet menacée d’être délocalisée en Pologne. François Ruffin a tenté de mobiliser l’opinion sur ce cas dramatique.

Le renoncement de certaines figures de la vie politique française

En revanche de nombreuses figures majeures de la classe politique française ont préféré renoncé aux législatives du mois de juin. Ainsi Bernard Cazeneuve, Denis Baupin, Alain Vidalies, Thierry Mandon, Audrey Azoulay ou bien encore François Bayrou ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne se présenteraient pas aux législatives.

Des défaites retentissantes à la présidentielle et aux législatives pour le Parti Socialiste et pour le parti Les Républicains pourraient provoquer l’implosion de ces deux formations politiques.

Publié le lundi 10 avril 2017 à 10:22, modifications jeudi 27 avril 2017 à 18:42

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