Politique

Législatives 2017 : Qui est Jean-Paul Delevoye, le Monsieur Législatives de La République en marche 

Portrait de Jean-Paul Delevoye qui supervise la sélection des candidats d’En Marche! pour les prochaines législatives.

Depuis jeudi 11 mai, le nom de Jean-Paul Delevoye est dans tous les médias.

On lui doit notamment la petite phrase assassine prononcée au micro d’Europe 1 mercredi 10 mai :

Manuel Valls ne remplit pas les critères pour être candidat de La République En Marche!. Nous n’avons pas vocation à recycler les politiques sortants.

Car dans les termes officiels, Jean-Paul Delevoye est le président de la commission d’investiture d’En marche !, le mouvement devenu le parti, La République En Marche !

Pourtant, la présence de celui qui fut conseiller général, député, sénateur, ministre, président de l’Association des maires de France, puis du Conseil économique, social et environnemental à de quoi étonner.

En effet, alors que le candidat Macron a axé sa campagne présidentielle sur la jeunesse et une envie de « renouvellement », il a choisi dès février, pour se constituer une majorité législative, d’accorder sa confiance à « ce vieux routard » de la politique.

Né le 22 janvier 1947 à Bapaume dans le Pas-de-Calais, ce n’est qu’à l’âge de 33 ans qu’il fait ses premiers pas en politique.

L’ancien chiraquien

Jean-Paul Delevoye délaisse alors son poste de directeur d’une PME spécialisée dans l’agroalimentaire pour remplacer le maire SFIO de cette petite commune de 4.000 habitants, qui le lui avait demandé.

Je n’étais pas du tout préparé à faire de la politique.

A-t-il confié dans un portrait que lui a consacré Libération en 1990.

Pourtant, il est resté près de 30 ans (de 1982 à 2002, puis de 2004 à 2014) maire de Bapaume.

Fidèle chiraquien, Jean-Paul Delevoye s’est toujours revendiqué de droite tout en affichant une fibre sociale certaine.

En 1999, il tente alors de prendre les rênes du RPR, l’ancêtre des Républicains.

Bénéficiant à l’époque d’une image d’homme neuf, l’édile du Pas-de-Calais fait campagne en jouant le renouvellement et en faisant vibrer sa sensibilité sociale. Il est face à trois concurrents plus connus du grand public : Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Patrick Devedjian.

Une campagne qui se solde malgré tout par un cuisant échec. En effet, il arrive très loin derrière la gagnante du scrutin, Michèle Alliot-Marie (avec 37,29% des voix contre 62,71%).

Jean-Paul Delevoye est ensuite appelé par Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de l’époque, pour participer à son nouveau gouvernement.

Il est ainsi nommé ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’État et de l’Aménagement du territoire, un poste qu’il occupera pendant deux ans, jusqu’en 2004.

« Un ailier-gauche »

Celui qui s’est défini comme un « ailier-gauche » tout au long de sa carrière politique a transcendé les clivages.

Il a notamment soutenu un candidat socialiste pour lui succéder à la mairie du Bapaume, alors que ce dernier était opposé à un membre de l’UMP.

Cet appui lui vaudra sa démission puis l’exclusion de son parti, en 2013.

Je souhaite passer le relais non pas à un appareil, mais à un homme capable de rassembler et de porter des projets. Les citoyens ne croient plus à notre offre politique.

Avait-il justifié à l’époque, dans un discours faisant étrangement écho à celui qu’a porté Emmanuel Macron pendant sa campagne.

Cumul des postes

Néanmoins, respecté à gauche comme à droite, Jean-Paul Delevoye a exercé pendant plus de 7 ans (entre 2004 et 2011) la fonction de Médiateur de la République. A cette occasion, il ne cesse de multiplier les rapports dressant un diagnostic alarmant de l’état du pays. En 2010, il marque les esprits en prétendant la société française en plein « burn-out », mettant en garde contre « les sentiments croissants d’impuissance, d’isolement et d’injustice qui gagnent le pays et contre le choc des égoïsmes.

Il est ensuite devenu le président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), de 2010 à 2015.

Ainsi, il cumule les mandats politiques. Des fonctions auxquelles il faut ajouter la présidence de l’Association des maires de France (AMF). Un poste qu’il a occupée pendant dix ans.

Pour finalement rejoindre les rangs d’Emmanuel Macron lors d’un meeting du candidat à Lille, le 14 janvier dernier.

Ainsi, en attendant, peut-être, une nouvelle nomination au sein du premier gouvernement d’Emmanuel Macron, Jean-Paul Delevoye s’emploie à superviser le choix des 577 candidats. Candidats, qui doivent permettre au nouveau président de la République d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale en juin prochain.

Publié le vendredi 12 mai 2017 à 11:56, modifications vendredi 12 mai 2017 à 10:47

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