Politique

Législatives 2017 : Les inconnues du 1er tour

Malgré le raz-de-marée annoncé pour le parti d’Emmanuel Macron, ces élections législatives peuvent encore réserver quelques surprises.

Si la plupart des sondages donnent La République En Marche ! (REM) future grande gagnante de ces élections législatives le scrutin reste toutefois suspendu à quelques inconnues.

Quel sera le taux d’abstention ?

Pour que trois ou quatre candidats s’affrontent au second tour, ils doivent avoir recueillis au moins 12,5 % des voix sur le total du nombre d’électeurs inscrits, et non sur le nombre de voix exprimées. Ce qui veut dire que l’abstention est prise en compte.

Or, l’abstention pourrait atteindre des records.

D’après le dernier sondage Odoxa pour Franceinfo, publié vendredi 9 juin, on se dirige vers une abstention record à 48%. Soit le pire score enregistré depuis 1958. Pour Gaël Sliman, le président de l’institut Odoxa, cela s’explique par

Un certain désintérêt ou une certaine lassitude après six tours de scrutins en huit mois, primaires comprises.

La République En Marche aura-t-elle une majorité absolue.

À en croire les sondages, les déclarations des responsables politiques de tous les partis et les résultats déjà connus du 1er tour chez les Français de l’étranger, la victoire aux élections législatives de La République En Marche ne fait plus aucun doute.

S’il y a un mois, les doutes étaient réels quant à la capacité du parti créé par le président de la République à obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale, ceux-ci sont désormais presque complètement dissipés.

Pour beaucoup, la question n’est plus de savoir si LREM aura la majorité absolue, fixée à 289 députés. Mais d’évaluer l’importance de la vague qui devrait s’abattre sur l’Assemblée nationale.

Reste à savoir de combien de député se dotera le parti du président de la République.

Le Parti socialiste aura-t-il assez de députés pour faire un groupe ?

La question aurait pu paraître incongrue il y a encore un mois. Elle se pose clairement aujourd’hui, tant le Parti socialiste après les 6,36 % de son candidat, Benoît Hamon, à la présidentielle, risque une défaite historique pour ces législatives.

Or, pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale, un parti doit avoir au moins 15 députés.

Un chiffre qui permet d’être au-delà d’un groupe. Les sondages nous donnent une trentaine de députés, on n’a pas vu ça depuis la fondation de la Ve République. On ne va pas mentir aux gens. Si je vous disais qu’on allait faire une centaine de députés, vous exploseriez de rire.

A expliqué Jean-Christophe Cambadélis sur le site Buzzfeed au sujet du nombre de députés visés pour que ces élections ne soient pas un échec.

Une autre interrogation subsiste… Les anciens ministres du quinquennat de François Hollande vont-ils réussir à passer le premier tour et à (re)conquérir un siège à l’Assemblée ?

En tout, ils sont huit à tenter leur chance : Matthias Fekl, Jean-Jacques Urvoas, Emmanuelle Cosse, Myriam El Khomri, Marisol Touraine, Éricka Bareigts et Stéphane Le Foll.

Et déjà, cela s’annonce compliqué pour Najat Vallaud-Belkacem. Cette dernière semble en difficulté dans la 6e circonscription du Rhône face au candidat de la République En Marche Bruno Bonnell.

Les Républicains, le Front national et La France insoumise vont-ils résister ?

À droite, si les sondages sont un peu plus favorables que pour le Parti socialiste, l’affaire est loin d’être gagnée.

Alors que les ténors des Républicains, à l’image de François Baroin, tablaient sur une majorité de droite et du centre pour gouverner le pays le 10 mai dernier, le discours a bien changé.

Le 7 juin, Le Canard enchaîné rapportait cette petite phrase de François Baroin :

On va prendre une très grosse dérouillée. Je suis comme les taulards, je compte les jours avant la quille.

A priori, le Front national peut entamer ces législatives confiant. Pourtant, le parti d’extrême droite a été secoué par de nombreuses divisions en interne.

En effet, le retrait de la vie politique de Marion Maréchal-Le Pen ou les nombreuses dissensions autour de Florian Philippot ont rendu la campagne très compliquée.

Pour le Front national qui, il y a quelques mois, rêvait de plusieurs dizaines d’élus, l’enjeu sera donc de réussir à former un groupe parlementaire en envoyant au moins quinze députés à l’Assemblée.

Enfin, pour la France insoumise, la problématique est quasiment la même que pour le Front national. Après un très bon score à la présidentielle le mouvement semble être en crise aujourd’hui.

En effet, si Jean-Luc Mélenchon a de bonnes raisons d’espérer la victoire pour lui-même, la situation est plus délicate pour ses lieutenants.

Mais ce sont surtout les nombreuses polémiques autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui ont altéré l’image de La France insoumise.

Par conséquent, tout l’enjeu sera de savoir si elle peut prétendre à occuper la place du Parti socialiste à gauche. Face à un gouvernement qu’il considère être de droite.

Publié le samedi 10 juin 2017 à 18:52, modifications samedi 10 juin 2017 à 18:52

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