Politique

Jean-Marie Le Pen revient sur la torture pratiquée par la France pendant la guerre d’Algérie

Jean-Marie Le Pen est revenu sur la guerre d’Algérie et a évoqué l’utilisation de la torture par l’armée française au micro d’RTL.

Entre deux polémiques sur ses propos racistes et homophobes ou sur la guerre idéologique qui l’oppose à sa fille, Jean-Marie Le Pen s’est exprimé sur son passé dans l’armée pendant la guerre d’Algérie au micro de la radio RTL.

Fidèle à son sens de la provocation légendaire, celui-ci a affirmé qu’il aurait “sans doute” torturé des opposants algériens pendant la guerre s’il en avait reçu l’ordre.

J’aurais fait mon devoir, préférant la vie d’une petite fille innocente à celle d’un tueur qui pose la bombe

a-t-il en effet déclaré.

Il se targue d’avoir “gagné tous ses procès” à ce sujet

Jean-Marie Le Pen a servi dans l’armée, au sein d’une section de parachutistes pendant les années 1956 et 1957. Dans ce cadre, il a été amené à se battre sur le front algérien pendant la guerre d’indépendance, et a reconnu que l’usage de la torture était monnaie courante dans les rangs français.

Ainsi, Jean-Marie Le Pen a affirmé que l’armée avait donné la consigne “d’éradiquer à n’importe quel prix la menace terrible que faisait peser le terrorisme, qui a fait des centaines de morts, de blessés et de mutilés, dont personne ne parle.” Selon l’ancien président du FN, la torture n’a été utilisée que pour sauver des vies humaines, menacées par des bombes.

Et c’était justement à la recherche de ces réseaux de bombes qu’un certain nombre de procédés ont été utilisés, beaucoup plus humains que de déchiqueter les jambes d’une petite fille

a-t-il en effet ajouté.

Jean-Marie Le Pen a toutefois nié avoir torturé des opposants algériens pendant la guerre. Celui a en effet rappelé : “J‘ai gagné tous mes procès dans ce domaine“. C’est toutefois l’un des sujets abordés dans le premier tome de ses mémoires, qui paraîtront le 1er mars 2018. Elles traiteront en effet de la période 1954-1962, marquée par la guerre d’Algérie.

Une minimisation polémique de l’utilisation de la torture

Selon Jean-Marie Le Pen, c’est le traumatisme de la guerre d’Indochine qui a justifié l’utilisation de la torture en Algérie. En effet, d’après l’ancien responsable politique,

L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possibles.

L’emploi de la torture se serait également limité à des actes ne menaçant pas l’intégrité physique des personnes.

Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique

affirme ainsi Jean-Marie Le Pen.

Publié le mardi 27 février 2018 à 18:13, modifications mardi 27 février 2018 à 16:53

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !