Politique

Japon : Taro Aso, le ministre des Finances renonce à un an de salaire pour étouffer le scandale de favoritisme

Le ministre des Finances japonais, Taro Aso, a annoncé qu’il renoncerait au 30 millions de yens (235.000 euros) de salaire qu’il doit percevoir pendant un an. Il entend faire oublier le scandale sur la falsification par son ministère de documents liés à un scandale de favoritisme menaçant le Premier ministre, Shinzo Abe.

Le ministre des Finances japonais, Taro Aso, a annoncé lundi 4 juin, qu’il renonçait à une année de rémunération. Cette annonce intervient après le scandale qui agite le Japon depuis mars. En effet, le Premier ministre Shinzo Abe est mis en cause dans une affaire de falsification de documents pour favoritisme.

Je rends volontairement 12 mois de mon salaire de ministre. Alors que ce problème a ébranlé la confiance du public dans le ministère et l’administration dans son ensemble.

A ainsi déclaré Taro Aso à la presse. Toutefois, il a exclu toute éventualité de démissionner.

235.000 euros par an

Le ministre des Finances de 77 ans gagne environ 30 millions de yens par an (235.000 euros). Toutefois, né dans une éminente famille d’industriels, Taro Aso dispose de revenus confortables. Ce qui fait de lui le ministre le plus riche du gouvernement de Shinzo Abe.

Pour rappel, un scandale sans précédent a secoué le Japon en mars dernier. En effet, Taro Aso a admis le 12 mars des falsifications dans un rapport sur une affaire de corruption impliquant le Premier ministre Shinzo Abe et sa femme depuis un an. Leurs noms, ainsi que celui de Taro Aso lui-même, ont notamment été retirés de documents relatifs à la vente d’un terrain à prix réduit.

Des documents administratifs officiels n’auraient jamais dû être altérés avant leur présentation au Parlement. Je trouve cela extrêmement regrettable.

A souligné le ministre des Finances.

Chute de la popularité de Shinzo Abe

Une vingtaine de membres du ministère ont en outre été sanctionnés, par le biais de réductions salariales ou de réprimandes verbales. L’affaire a également provoqué la démission d’un haut responsable du ministère des Finances, Nobuhisa Sagawa. Personnage clé du dossier, il a assuré dans une audition au Parlement que Shinzo Abe n’était pas impliqué dans les falsifications. Tout en laissant en suspens de nombreuses interrogations.

Or, le chef du gouvernement, qui est affaibli par plusieurs autres scandales, a vu sa popularité chuter en dessous de la barre symbolique de 40%. Un taux qui est considéré comme un signal d’alarme pour les responsables politiques japonais. Ainsi, au pouvoir depuis fin 2012, le Premier ministre n’est désormais plus assuré de remporter l’élection à la tête de son parti, le Parti libéral-démocrate. Celle-ci est prévue en septembre prochain. Une victoire qui aurait pourtant fait de lui le Premier ministre à la plus grande longévité.

Publié le mardi 5 juin 2018 à 14:42, modifications mardi 5 juin 2018 à 12:41

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