Politique

Décés de Jack Ralite, ancien ministre communiste de Pierre Mauroy sous François Mitterrand

Jack Ralite, l’un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand, en charge de la santé puis ministre délégué à l’emploi est décédé ce dimanche.

L’ancien ministre communiste Jack Ralite s’est éteint, dimanche 12 novembre, à l’âge de 89 ans, a annoncé Meriem Derkaoui, maire de la ville d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

Il avait été à la tête de la ville pendant près de vingt ans.

Passionné de culture

Il a été l’un des quatre ministres communistes de 1981. Bien qu’il rêvât de la culture, il a finalement obtenu le portefeuille de la santé.

Les poètes l’ont néanmoins accompagné tout au long de sa vie. En effet, lors d’un hommage rendu à Charb, tué lors de l’attentat de Charlie Hebdo, il avait alors déclamé des vers d’Aragon :

Contre le chant majeur, la balle, que peut-elle ? Sauf contre le chanteur, que peuvent les fusils ? La terre ne reprend que cette chair mortelle. Mais non la poésie !”

Jack Ralite est né en 1928 à Châlons-sur-Marne. Il a maintes fois raconté que son engagement politique était né lors des trois mois qu’il avait passé dans la prison de Châlons pendant l’Occupation.

Agé alors de quatorze ans, il avait été arrêté avec d’autres élèves. Il avait été enfermé pour avoir trop empoisonné le quotidien des Allemands qui squattaient leur lycée.

Aux côtés de Juifs voués à la mort, de résistants chaque jour torturés et d’un prêtre bientôt déporté, il avait rencontré des communistes pendant cette détention. Et, c’est dans sa geôle qu’il a dit s’être senti communiste pour la première fois.

Toutefois, ce n’est qu’en 1959, qu’à la demande insistante d’André Karman, maire alors d’Aubervilliers, qu’il a finalement fait son entrée en politique. Maire de la ville pendant vingt ans, il a conduit dans cette banlieue ouvrière une politique culturelle audacieuse.

Il a, entre autre, œuvré aux côtés de Gabriel Garran, metteur en scène de théâtre, à la fondation du Théâtre de la Commune.

La culture, c’est peut-être au moment où ça va le plus mal qu’on en a le plus besoin.

Avait-il plaisir à dire.

Homme de conviction

Moi, j’écris le mot “communisthme”, comme un isthme, parce que c’est exactement ça. Aucune des idées contenues dans le communisme n’a jamais été appliquée, cela reste donc une aventure à mener.

Avait-il déclaré dans les colonnes de l’Humanité, dont il avait été journaliste dans les pages culture.

En outre, dans un article paru en 2015, Les Inrocks s’étaient demandé s’il n’était pas le plus grand ministre de la culture de tous les temps.

Jack Ralite n’aura jamais dévié d’un pouce de ses convictions. Lesquelles s’enracinent dans une filiation historique où se croisent et finalement se mêlent figures politiques (Robespierre) et artistiques (Louis Aragon, Victor Hugo, René Char, …)

Fier de ses convictions, l’homme politique avait notamment refusé à quatre reprises la Légion d’honneur.

Il avait affirmé :

Ne pas avoir refusé trois fois la Légion d’honneur sous la gauche pour l’accepter une fois sous la droite.

Des hommages de tous bords

A l’annonce de son décès, les hommages se sont multipliés.

Triste journée, Jack Ralite, mon ami, mon camarade, ce grand et beau monsieur est décédé aujourd’hui…

A réagit la sénatrice Communiste républicain et citoyen (CRC) de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi.

Attaché à la gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité.

A écrit Stéphane Troussel, le président du département de la Seine-Saint-Denis.

Publié le lundi 13 novembre 2017 à 12:57, modifications lundi 13 novembre 2017 à 12:27

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