Politique

Huile de palme : Pour Stéphane Travert, le gouvernement ” ne reviendra pas sur l’accord avec Total “

Pour justifier l’accord avec Total de raffiner de l’huile de palme sur son site de La Mède, Stéphane Travert met en avant un contrat scellé en 2015 sous François Hollande.

Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, a indiqué lundi 11 juin que l’Etat ne reviendrait pas sur l’accord passé avec Total sur l’importation d’huile de palme.

Le gouvernement ne reviendra pas sur l’autorisation donnée à Total d’importer de l’huile de palme.

A-t-il déclaré au micro de RTL. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est voulu rassurant envers les automobilistes, alors que des agriculteurs se sont lancés dimanche 10 juin dans un mouvement de blocage des raffineries et dépôts de carburants. Pour rappel, à l’appel de la FNSEA, de nombreux agriculteurs entendent protester contre l’importation à bas coût d’huile de palme. Cette dernière permet de fabriquer des biocarburants.

Le gouvernement ne reviendra pas dessus.

A ainsi insisté Stéphane Travert. Par ailleurs, il a précisé qu’il recevrait mardi 12 juin la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Ceux-ci sont les initiateurs du mouvement lancé contre l’importation de produits agricoles. Des produits qui ne respectent pas, selon eux, les normes françaises et européennes.

Que prévoit l’accord avec Total sur le site de La Mède ?

Au bord de la faillite, la raffinerie de La Mède a été reconvertie dans les biocarburants en 2016 par Total. Le groupe pétrolier a obtenu l’aval du gouvernement pour sauver les emplois. En effet, fin 2015, le site, qui produisait de l’essence classique, était en déficit chronique. Ainsi, pour éviter la fermeture de la plateforme et la destruction des 250 emplois, l’État a accepté le projet de reconversion en bio-raffinerie proposé par Total. Dès lors, le pétrolier a transformé le site de La Mède pour se lancer, mi-2018, dans la production de biocarburants de 1ère et 2ème génération. Ceux-ci étant composés principalement d’huiles végétales.

Au total, la raffinerie Total devrait consommer environ 650.000 tonnes de matière première chaque année (huiles de palme, colza, tournesol, etc.).  Or, connue pour son implication dans la déforestation de l’Asie du Sud-Est, cette matière première entre en concurrence avec l’huile de colza française. Et cela même alors que l’agriculture française peut fournir des huiles de tournesol ou de colza, mais plus cher.

On n’a pas pu remettre en cause cet accord. Il y a un héritage du gouvernement précédent qu’on ne renie pas. Puisqu’il s’agissait aussi de sauver des emplois sur le site de La Mède.

A par ailleurs expliqué Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, au micro de Patrick Cohen, ce lundi 11 juin sur Europe 1.

Un accord renégocié, mais jugé insuffisant

Alors que l’accord a été renégocié a 50% d’huile de palme contre les 75% initialement prévu, Total s’est également engagé à limiter l’approvisionnement en huile de palme brute à un volume inférieur à 50% des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site. En outre, la bio-raffinerie de La Mède utilisera aussi d’autres huiles. Dont 50.000 tonnes de « colza français ». Une promesse faite début juin par Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Enfin, le gouvernement a obtenu que le pétrolier utilise 25% d’huiles recyclées ou usagées.

Toutefois, ce contrat modifié été jugé insuffisant par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. En effet, ceux-ci ont décidé de bloquer 14 sites stratégiques de production et de stockage de carburant.

Nous ne sommes pas contre les importations. Mais nous voulons, pour le consommateur, que le gouvernement soit cohérent et que les importations soient faites à normes égales. Sinon l’agriculture française va disparaître.

A déclaré Samuel Vandaele, le secrétaire général des Jeunes Agriculteurs.

Publié le mardi 12 juin 2018 à 10:12, modifications mardi 12 juin 2018 à 9:55

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