Politique

Harcèlement sexuel : « Nous ne nous tairons plus ! »

Dans un article publié par le Journal du Dimanche, 17 femmes politiques ont signé une tribune pour en finir avec le sexisme.

Six jours après les révélations de l’enquête de Mediapart sur Denis Baupin, des femmes politiques de tous bord ont la ferme intention de ne plus se taire. Les victimes du sexisme ordinaire dans le monde politique se sont mises à raconter ouvertement ce que parfois elles cachaient depuis des années.

Dix-sept anciennes ministres de droite comme de gauche ont lancé dans le Journal du Dimanche de ce dimanche 15 mai un appel pour que soit levée l’omerta sur le sexisme.

Elles ont ainsi pris la plume pour rédiger une tribune intitulée L’impunité c’est fini ! pour dire :

stop, cette fois, c’est trop !

L’appel est signé, entre autres, par Cécile Duflot, Aurélie Filippetti, Rama Yade ou encore Chantal Jouanno.

Nous venons de bords différents mais nous partageons toutes la même volonté : que le sexisme n’ait pas sa place dans notre société

ont-elles écrit.

Après la récente affaire Denis Baupin ou les propos déplacés de Michel Sapin en janvier 2015 ou encore cinq ans jour pour jour après l’affaire de Dominique Strauss-Kahn et du Sofitel de New-York, toutes les signataires veulent en finir avec l’impunité en politique et briser le silence.

Ces agressions, ces harcèlements sexuels, ça existe dans tous les partis politiques. Les femmes doivent être solidaires. Ces combats doivent transgresser les frontières habituelles des différents partis. Il ne faut pas rester seule dans cette affaire. C’est la raison pour laquelle j’ai signé cet appel.

a expliqué Roselyne Bachelot, l’ancienne ministre de la Santé.

Cette dernière propose notamment la création de « cellules d’aide et d’écoute » dans tous les partis politiques pour lutter contre le sexisme et changer les mentalités.

Pour ces 17 femmes, la question ne vient pas nécessairement de lacune juridique :

L’arsenal juridique existe, mais les lois ne sont pas suffisamment appliquées. Le code du travail protège la salariée mais il n’est pas respecté. Peu de femmes portent plainte et très peu de plaintes débouchent sur des condamnations.

Car pour elles, ce n’est pas aux femmes à s’adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer :

On ne peut pas dire à une femme […] à propos d’une collègue : “À part ses seins magnifiques, elle est comment ?” On ne peut pas lui dire d’un air graveleux : “Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir” ou “Est-ce que tu portes un string ?” On ne peut pas dire à celle qui raconte publiquement une histoire de viol dans le métro : “Ce n’est pas à toi que ça arriverait.

La publication de la tribune a très vite généré de nombreux commentaires sexistes sur le site du Journal du Dimanche, mais également sur les réseaux sociaux, prouvant l’urgence de la situation :

Les signataires :

Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet, Rama Yade

Publié le lundi 16 mai 2016 à 9:46, modifications lundi 16 mai 2016 à 9:42

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