Politique

Hamon, Le Pen, Macron et Mélenchon visés par une enquête demandée par Anticor

L’association anticorruption Anticor a demandé au parquet de Paris d’ouvrir une enquête pour « vérifier la transparence et la probité des comptes » de campagne présidentielle de Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

D’anciens candidats à la présidentielle de 2017 étaient au cœur d’une polémique depuis plusieurs semaines. Ils sont désormais visés par une plainte d’Anticor. En effet, l’association anticorruption a demandé, mercredi 13 juin, au parquet financier de Paris d’ouvrir une enquête sur les comptes de campagne présidentielle de Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Cette action fait notamment suite aux enquêtes récentes de Mediapart, du Monde et de Radio France. Ces médias soupçonnent la campagne de l’actuel président d’avoir bénéficié de « prix cassés » et de « ristournes cachées ».

Surfacturation pour Jean-Luc Mélenchon

S’agissant des comptes de Jean-Luc Mélenchon, dont 434.939 € de dépenses sur 10,7 millions déclarées ont été rejetés par la commission, Anticor dénonce des « surfacturations ». Elles auraient été faites au bénéfice notamment de la société Mediascop présidée par Sophia Chikirou, sa directrice de communication d’alors.

Quant à Alexis Corbière, porte parole de LFI en 2017, il est accusé d’« abus de confiance ». En effet, il aurait facturé des interventions médiatiques « relevant de l’engagement militant ». Pour Anticor, la campagne de la France insoumise a d’ailleurs abusé du statut d’autoentrepreneur, synonyme d’un potentiel délit de « marchandage ».

Ainsi, dans sa plainte qui doit être déposée dans la journée de mercredi, l’association accuse le leader de la France Insoumise d’avoir tenté de détourner de l’argent public. Et ce, au moyen de remboursements par l’Etat de frais de campagne qui n’avaient d’autre but que de servir leur intérêt ou l’intérêt de leurs proches.

Vendredi 8 juin, Jean-Luc Mélenchon, dont la campagne est visée par une enquête du parquet après un signalement de la CNCCFP, a réclamé la « révision de tous les comptes » des onze candidats.

Détournements de fonds et abus de biens sociaux pour Marine Le Pen

Marine Le Pen a vu pour sa part 873.576 € de dépenses retoquées par la commission, constituées à 95 % des emprunts contractés auprès du FN et du micro-parti de son père Jean-Marie Le Pen. Or, pour Anticor, ces prêts cacheraient une tentative de détournement de fonds publics et d’abus de confiance. La plainte relève aussi que « parmi les 29 plus gros prestataires ce sont principalement des sociétés appartenant à des cadres du Front National ou à leur famille ».

Des rabais illégaux pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron

En outre, Anticor reproche à Emmanuel Macron et « de manière moins importante » à Benoît Hamon « d’avoir profité de ristournes, remises, rabais, venant minorer leurs dépenses de campagne ». Et ce, « en violation du principe d’égalité entre les candidats que sanctionne le code électoral ». Ainsi, l’association estime que ces rabais pourraient être constitutifs « d’abus de biens sociaux » pour les prestataires qui les ont accordés.

Ainsi, concernant la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron, Anticor pointe notamment les locations de six lieux de meetings accordées avec des rabais de 36 à 75% environ. Mais également de larges remises pour la location de matériel. Et enfin, une « sous-facturation »du siège de campagne dans le 15ème arrondissement de Paris. Or, dans un communiqué de presse dimanche 10 juin, La République en Marche avait justifié ces prix. Elle avait au passage accusé la presse de « monter en épingle des pseudo-révélations ». Dans le détail, LREM a expliqué que le théâtre Bobino de Paris avait déjà facturé à des associations une location à 3.000 euros au lieu des 13.000 euros.

Les remises éventuellement accordées à des associations ne peuvent être comparées.

Rétorque Anticor y voit des dons déguisés de personnes morales. Ensuite, s’agissant de Benoît Hamon, Anticor dénonce 310.000 euros de remises suspicieuses pointées par une enquête du magazine L’Obs.

La Commission des comptes de campagne également visée

Enfin, Anticor demande au parquet de Paris de vérifier la responsabilité des membres de la Commission nationale des comptes de campagne (la CNCCFP). En effet, elle estime que l’acceptation de frais n’aurait pas dû l’être. Car la validation de remises constitue un financement par des entreprises. Or, une action qui est illégale en France.

L’objectif est de réaliser une analyse systémique des pratiques des partis qui utilisent le financement politique. Parfois pour des motivations étrangères à la campagne. Mais aussi de pointer du doigt le mauvais fonctionnement de la CNCCFP. L’ensemble de ces dysfonctionnements affecte la démocratie.

A déclaré Jérôme Karsenti, l’avocat d’Anticor.

La justice doit dire clairement si les surfacturations ou les sous-facturations sont légales. Les responsabilités de tous les protagonistes de ces campagnes doivent être établies.

A de son côté commenté le président de l’association Jean-Christophe Picard.

Publié le mercredi 13 juin 2018 à 8:58, modifications mercredi 13 juin 2018 à 8:57

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