Politique

Gérard Collomb estime que les migrants font du “benchmarking”

Interrogé sur l’allongement du délai de rétention administrative des déboutés du droit d’asile, Gérard Collomb a déclaré devant les sénateurs que certains migrants faisaient “un peu de benchmarking”, afin de regarder les législations européennes “les plus fragiles”.

Devant la commission des lois du Sénat, le ministre de l’Intérieur a fait une déclaration immédiatement critiquée qui divise les membres de son parti politique. Gérard Collomb a expliqué que les migrants faisaient “un peu de benchmarking” pour choisir leur pays d’accueil.

Du “benchmarking pour regarder les différentes législations européennes”

Le mercredi 30 mai, le président de la commission Philippe Bas a questionné Gérard Collomb sur l’efficacité de l’allongement du délai de rétention administrative des déboutés du droit d’asile. Un projet de loi du gouvernement envisage ce rallongement. Le ministre de l’Intérieur a alors répondu :

Il n’y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking. Les migrants aussi font un peu de benchmarking pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles. Et voyez encore que telle nationalité – là encore, je ne citerai pas – se dirige plutôt sur tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile, mais tout simplement parce que jusque-là, c’est plus facile.

Gérard Collomb a ensuite ajouté :

En Allemagne, des nationalités qu’en France on peine à traiter en trois ans, sont traitées en deux semaines. Les gens comparent un peu et se disent : “On va aller dans tel pays”.

Des propos qui divisent au sein de La République en marche

Le Figaro a contacté le ministre pour qu’il revienne sur cette déclaration. Gérard Collomb a expliqué au quotidien :

[L’idée était] d’expliquer que le gouvernement avait fait un benchmarking pour s’aligner sur le droit européen, parce que les migrants faisaient leur propre benchmarking. [L’Union Européenne] est un espace de libre-circulation où les migrants eux-mêmes, souvent manipulés par des filières, se glissent dans les différences de législation.

Du côté du gouvernement, ces propos n’ont pas été contestés. Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, est également allé dans le sens du ministre de l’Intérieur. Il a en effet déclaré sur RMC :

Il ne faut pas prendre les migrants et les passeurs pour des imbéciles.

Néanmoins, certains députés LaREM ont exprimé leur désaccord avec le ministre de la place Beauvau. Gabriel Attal, porte-parole LaREM et député des Hauts-de-Seine, a affirmé sur France Inter :

Je pense que s’il y a un benchmark qui est fait aujourd’hui par les migrants, il est assez simple: c’est mourir chez eux, ou survivre ailleurs. C’est se faire mettre en esclavage en Libye ou risquer leur vie.

Le 11 février dernier, Gérard Collomb s’était dit “obligé de faire un tri” entre les migrants. Il avait expliqué que la France ne pouvait continuer à les accueillir de “manière exponentielle”. Malgré la controverse autour de sa circulaire autorisant le recensement des migrants en hébergement d’urgence, cette dernière avait finalement été approuvée par le Conseil d’État.

Publié le jeudi 31 mai 2018 à 16:26, modifications jeudi 31 mai 2018 à 16:28

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