Politique

Furieux d’une question coupée, les députés Insoumis quittent l’hémicycle

Tous les députés de la France Insoumise, furieux que Clémentine Autain ait été coupée avant de finir sa question au gouvernement, ont quitté mercredi l’hémicycle après être restés massés un moment au pied du perchoir, tenus à distance par des huissiers.

Depuis le début de la semaine votre gouvernement s’est lancé dans une fuite en avant autoritaire particulièrement dangereuse pour notre démocratie

a notamment dénoncé dans son intervention l’élue de Seine-Saint-Denis, reprochant au gouvernement d’avoir provoqué “un triste désordre” à Notre-Dame-des-Landes et dans les universités, en brandissant “la matraque”.

Le chef de file de la France Insoumise s’est exclamé sur son banc: “la chienlit, c’est vous”

Dans une atmosphère chahutée, Mme Autain a aussi lancé à la majorité:

votre prétendu nouveau monde n’est qu’un régime bien ancien

Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), a alors coupé le micro à la députée LFI, son temps de parole étant achevé, déclenchant la protestation de l’élue Insoumise. “Le temps de parole madame la députée est le même pour tout le monde, il est de deux minutes”, a-t-il justifié depuis le perchoir, avant de donner la parole au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

L’ensemble des élus Insoumis ont alors quitté leurs bancs pour se diriger vers le bas de l’hémicycle, protestant contre le président de l’Assemblée avec force gestes des bras. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont approchés du banc du gouvernement et du perchoir, bloqués à ce moment par un cordon d’huissiers.

Après un moment de flottement, où ils sont restés sur place et ont continué à manifester leur colère pendant l’intervention de Gérard Collomb, les LFI ont quitté l’hémicycle, rejoints momentanément par les communistes.

Le ministre a notamment lancé que “c’est ici que l’on débat et l’on n’envoie pas dans les facultés et à Notre-Dame-des-Landes un certain nombre de gens inconséquents”, susceptibles de

déchaîner une violence que demain on ne pourra plus contenir. Il y a là une forme d’irresponsabilité que nous devons dénoncer, quelles que soient nos tendances par rapport à l’opinion publique

“S’il n’y a pas la loi et l’ordre, il n’y a pas de pays qui tienne” et “l’opinion publique est massivement derrière nous pour une volonté de dialogue”, a clamé M. Collomb, salué par une standing ovation de la majorité.

Reprenant la parole dans la foulée, François de Rugy a appelé les députés au “calme”, soulignant qu’il faisait respecter les temps de parole de deux minutes depuis neuf mois de législature.

On m’a même surnommé dans un journal le +serial-coupeur+ et je suis prêt à assumer pleinement ce rôle s’il le faut

a-t-il ajouté.

Plusieurs LREM et MoDem ont condamné le comportement “honteux” des Insoumis. “Je ne veux pas d’une république de ZADistes où qu’elle soit!”, a notamment tweeté Benoît Simian (LREM). “Drôle de vision de la #démocratie! Les masques tombent! Les huissiers obligés de faire front pour empêcher des députés Insoumis de faire le coup de poing. Tristesse”, a déploré Erwan Balanant (MoDem).

Dans les couloirs, Mme Autain a plaidé qu’elle voulait terminer sa question et demander:

Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous allez participer à l’enterrement de mai 68 et vous inscrire derrière ceux qui condamnaient la chienlit?

Publié le mercredi 11 avril 2018 à 17:37, modifications mercredi 11 avril 2018 à 17:31

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