Politique

François Fillon : Zones d’ombre autour de 2F Conseil, sa société de conseil

Y-a-t-il conflits d’intérêts ?

Après les révélations sur le présumé emploi fictif de son épouse, Penelope Fillon, c’est à présent 2F Conseil, la société de conseil du candidat de la droite qui suscite la curiosité …

Déjà sous le feu des projecteurs en raison des soupçons d’emplois fictifs visant son épouse Penelope, François Fillon est de nouveau au cœur d’une polémique concernant sa société 2F Conseil.

De quoi s’agit-il ?

La société 2F Conseil a été créée par François Fillon le 7 juin 2012. Une date stratégique puisque l’entreprise a vu le jour juste avant que débute le mandat du député de Paris le 20 juin 2012.

En effet, le code électoral énonce très clairement :

Il est interdit à tout député de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat.

Par conséquent, François Fillon a exercé chez 2F Conseil « en toute légalité ».

Pourtant, François Fillon et son équipe ont toujours refusé de mentionner les noms des clients de l’entreprise :

L’essentiel de l’activité de 2F Conseil est constitué des conférences données par François Fillon.

Pouvait-on lire dans le Canard enchaîné qui précisait :

Des conférences (dont une au Kazakhstan en 2013) auxquelles s’ajouteraient quelques analyses de conjoncture et des notes portant sur l’état des relations internationales.

Cependant, contraint par les dernières révélations, François Fillon a fini par lâcher plusieurs noms de clients lors de sa conférence de presse, lundi 6 février.

Ainsi, on retrouve là des proches de François Fillon. Fimalac, la société de Marc Ladreit de Lacharrière, patron de La Revue des Deux Mondes. Mais aussi la banque Oddo ou la société d’expertise comptable Ricol Lasteyrie. Et surtout l’assureur Axa.

A l’époque, le PDG du groupe s’appelle Henri de Castries. Un nom bien connu de la droite française puisque Nicolas Sarkozy lui avait déjà proposé, en vain, le ministère de l’Economie en 2007.

Des sommes colossales

Ainsi, après 16 années passées à la tête du puissant assureur, il avait quitté ses fonctions le 1er septembre 2016. A présent, il fait partie des principaux soutiens de François Fillon pour l’élection présidentielle. Cet éminent libéral est également devenu l’un de ses conseillers sur le volet économique de son programme. Il apparaît aujourd’hui le mieux placé pour s’emparer du portefeuille de Bercy en cas d’élection de François Fillon à l’Elysée.

Selon Le Canard enchaîné, la société 2F Conseil aurait permis à François Fillon de gagner 757 000 euros de salaire net après son départ de Matignon.

Le Monde a évoqué un chiffre d’affaires cumulé de plus d’un million d’euros pour 2F Conseil. Le quotidien a précisé que

La quasi-totalité des profits de la société sont reversés sur le compte courant de François Fillon.

René Ricol, un des fondateurs du cabinet Ricol et Lasteyrie qui conseille les grands groupes du CAC 40, a indiqué à Mediapart et au Monde que François Fillon touchait entre 40 000 et 60 000 euros par an.

Enfin, selon BFM Business, l’ancien Premier ministre a reçu une rémunération de 200 000 euros pour ses missions auprès d’Axa de mi-2012 à mi-2014.

François Fillon aurait notamment aidé l’assureur français

Sur les négociations de la directive européenne dite ‘Solvabilité 2’ sur la nouvelle réglementation des assureurs en Europe.

Y a-t-il eu conflits d’intérêts ?

Depuis quelques semaines, l’activité de conseil du candidat à la présidentielle suscite les interrogations de ses adversaires politiques. A ce petit jeu, Yannick Jadot fait partie des plus vindicatifs et n’hésite pas à parler de conflits d’intérêts.

Au micro de BFMTV et de RMC, lundi 30 janvier, le candidat Europe-Ecologie-Les-Verts a une nouvelle fois appelé François Fillon à la transparence. Il a souligné que l’élu des Républicains avait « quadruplé son salaire de député » pendant plusieurs années.

Axa reconnaît que François Fillon a travaillé comme conseil sur une directive européenne touchant à la question de la santé.

Quand on est législateur, on ne peut pas intervenir comme lobby. C’est en dehors des clous.

S’est outré Yannick Jadot.

De plus, il a posé la question d’éventuels contrats avec des sociétés russes, qui, selon le candidat écologiste, pourraient expliquer « une telle complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine ».

Le candidat EELV a donc annoncé qu’il allait « saisir le déontologue de l’Assemblée nationale ».

Pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Florian Philippot, quant à lui, a vu un lien entre le programme santé de François Fillon et ses activités de conseil auprès d’une compagnie d’assurance.

Son projet de Sécurité sociale, c’est largement une privatisation de la Sécurité sociale au profit des assurances privées

A-t-il ainsi dénoncé lundi 6 février au micro d’Europe 1.

Cela veut dire que cet homme n’est pas libre, qu’il est entre les mains des puissances d’argent. Quels autres points de son programme sont déterminés par d’éventuelles relations commerciales, ou des relations de dépendance financière ?

Alexis Bachelay, le porte-parole de Benoît Hamon mercredi 8 février sur BFMTV a pour sa part estimé :

J’y vois une potentialité très importante de conflits d’intérêts

Il s’est également dit

Extrêmement surpris qu’un ancien Premier ministre et qu’un député en exercice puisse, parallèlement à son activité parlementaire, avoir des activités de conseils, de lobbying au service de puissants intérêts financiers ou de groupes multinationaux.

 

Publié le dimanche 12 février 2017 à 7:16, modifications dimanche 12 février 2017 à 13:00

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