Politique

François Fillon au Trocadéro : Que retenir de son discours ?

Lâché par son camp, qui tente de négocier sa sortie de la course à l’Élysée au profit d’Alain Juppé, François Fillon a livré ce dimanche au Trocadéro, un discours de la dernière chance, mêlé de mea culpa et d’avertissements à la droite.

Ce dimanche 5 mars, sur la place du Trocadéro, vers laquelle des dizaines de milliers de fidèles acquis à la cause du candidat avaient convergé, drapeau tricolore à la main, François Fillon a prononcé un discours offensif.

En effet, d’une durée d’une demi-heure, scandé dans la foule par des « Fillon, tiens bon » et émaillé de références au général de Gaulle, à Hugo, Voltaire ou Camus, le candidat a renvoyé son camp à ses responsabilités à la veille d’un comité politique Les Républicains et à sept semaines de la présidentielle.

Qui était présent ?

La question est bien entendu d’importance. Les fillonistes restés fidèles attendaient entre « 40 et 45.000 personnes » au Trocadéro. Un seuil minimal pour une mobilisation réussie.

Il est difficile d’estimer exactement le nombre de sympathisants présents. Pourtant, la place du Trocadéro semblait relativement remplie, selon les images vues de haut qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

Ainsi, plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient présentes. Cependant, le chiffre avancé par Bruno Retailleau, le coordinateur de campagne de François Fillon, de 200.000 personnes semble plus qu’improbable.

Si des élus fidèles comme Eric Ciotti ou Luc Chatel, ainsi que certains ténors du parti étaient là, d’autres figures des Républicains manquaient à l’appel.

Enfin, à la surprise générale, l’ancien soutien de Nicolas Sarkozy et anti-juppéiste convaincu, François Baroin, s’était placé juste derrière François Fillon. Une preuve de son soutien.

Traits marqués, voix un peu tremblante, l’ancien Premier ministre a reconnu, entre deux averses, sa « faute » dans cette campagne qui « rencontre de si formidables obstacles ».

Merci à vous mes amis qui ne baisserez jamais les bras, vous êtes une certaine idée de la France. Vous êtes la France des paysans, la France des cathédrales, la France des châteaux et des sans-culottes.

A lancé François Fillon avant d’enchaîner les références littéraires de Voltaire à Victor Hugo, en passant par Gavroche.

Il a assuré avoir fait son « examen de conscience ». Cependant, il a appelé ceux de son camp à « faire le leur ». Epinglant « la responsabilité immense » de « ceux qui fuient le navire » à droite.

Des excuses auprès de ses soutiens et pression sur son camp qui lâche le navire

S’il a dénoncé une « chasse à l’homme » qui cherche aussi à « briser la droite », il a atténué le ton de ses critiques envers la justice. De plus, il a loué vanté les mérites de la République.

Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas.

A demi-mot, François Fillon a attaqué Christian Estrosi, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui préparent une contre-offensive.

En effet, les trois présidents de région ont organisé une réunion visant à proposer une « initiative » après que plus de 250 élus Les Républicains et UDI aient renoncé à soutenir François Fillon.

Si, par magie, les Français avaient pu assister à ce que j’ai vu ces dernières semaines, une vague de dégoût les submergerait. La fuite en canard, d’un camp vers un autre, d’un hiérarque vers un autre, vers la circonscription, le portefeuille. La désertion assumée, sans honte et aussi sans orgueil. Se sauver soi-même. Oui, là aussi, la France et les Français avaient disparu.

A ajouté l’ancien Premier ministre, rejoint en fin de discours à la tribune par son épouse Penelope agitant un drapeau tricolore.

Cette dernière était sortie le matin-même de son silence pour la première fois depuis le début du Penelope Gate. En effet, elle a accordé un entretien ce dimanche au Journal du Dimanche.

Elle y a clamé avoir fourni les preuves aux enquêteurs qu’elle avait bel et bien travaillé comme assistante parlementaire de son mari.

Elle a également déclaré qu’elle conseillait à son époux de « continuer jusqu’au bout ».

Publié le lundi 6 mars 2017 à 10:24, modifications lundi 6 mars 2017 à 10:24

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