Politique

En Italie, Matteo Salvini multiplie les annonces contre les étrangers

Matteo Salvini souhaite la fermeture dès 21h des magasins appartenant à des étrangers, « devenues des refuges pour ceux qui troublent l’ordre public ».

Enfants d’étrangers tenus à l’écart dans les cantines, l’évacuation de migrants d’un village, mais aussi couvre-feu pour les magasins tenus par des étrangers… La Ligue et Matteo Salvini ont multiplié les annonces contre les étrangers vivant en Italie ce week-end.

Limiter les abus et les irrégularités de certains magasins

L’Express a rapporté ce dimanche 14 octobre que Matteo Salvini, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur souhaitait instaurer de nouvelles règles particulièrement contraignantes visant les « petits magasins ethniques » en Italie. Pour le ministre issu du parti La Ligue, ces boutiques sont, pour beaucoup, tenues par des immigrés.

Ce n’est pas une initiative contre les magasins étrangers mais pour limiter les abus et les irrégularités de certains magasins.

S’est justifié Matteo Salvini lors d’un Facebook Live dont il est coutumier. Par ailleurs, il a déclaré vouloir s’attaquer à « des lieux de rencontre pour des ivrognes, dealers et autres fauteurs de troubles ».

Dans le détail, le ministre veut ajouter une mesure à un décret sur la sécurité votée en septembre. Celui-ci restreint déjà fortement le droit d’asile. Ainsi, il souhaite désormais imposer la fermeture dès 21 heures des petites épiceries de quartier. Celle-là même, dont L’Express rappelle qu’elles sont très fréquemment tenues par des immigrés indiens ou bengalais.

Régime autoritaire

Habitué à créer la polémique depuis son arrivée au pouvoir, le vice-Premier ministre de l’Italie, également ministre de l’Intérieur, provoque un nouveau tollé avec sa proposition de couvre-feu pour les supérettes.

Même s’il se défend d’une initiative contre les magasins étrangers, cette mesure a été vivement décriée et jugée discriminatoire en Italie. En effet, cette annonce a suscité l’inquiétude dans les rangs de l’opposition. Ainsi, Marco Bussoni, le secrétaire général de Confesercenti, une association italienne de commerçants, s’est insurgé contre cette mesure. Il a prévenu que le ministre ne pourrait discriminer aucun propriétaire d’entreprise en raison de sa nationalité. De son côté, Andrea Marcucci, le chef du groupe du Parti démocrate (centre-gauche) au Sénat italien et adversaire résolu de la coalition Mouvement 5 étoile estime que l’imposition de couvre-feux dans les magasins tenus par des étrangers serait un nouveau signe de l’installation d’un « régime autoritaire » en Italie.

L’ancien Premier ministre, Enrico Letta, a réagi sur Twitter :

Honte. Ce n’est pas l’Italie.

Publié le mardi 16 octobre 2018 à 10:13, modifications mardi 16 octobre 2018 à 8:44

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