Politique

Emplois fictifs au Front national : Marine Le Pen était au courant

Mediapart et Marianne ont publié des mails qui prouveraient que Marine Le Pen était au courant que des membres du Front national étaient rémunérés par l’Union européenne alors qu’ils travaillaient exclusivement pour le parti d’extrême droite.

Depuis quelques mois, le Front National et Marine Le Pen font l’objet d’enquêtes judiciaires. L’une d’elle porte sur le financement de la campagne présidentielle en 2012. La seconde concerne d’éventuels emplois fictifs.

Or, Gaël Nofri, élu du Front National à Nice, semble faire le lien entre ces deux affaires.

Selon le Huffington Post qui a cité Marianne et Mediapart ce jeudi 9 mars, des mails viendraient apporter des éléments nouveaux. Les deux journaux sont parvenus à se procurer des e-mails datant de mai 2012 qui indiqueraient que Marine Le Pen avait été mise au courant de la situation problématique de Gaël Nofri. En effet, dans un mail, ce dernier s’adresse directement à la présidente du Front National.

Ainsi, on y apprend que son ancien conseiller lors de la campagne de 2012 s’étonnait de sa propre situation.

Si ce dernier a confirmé avoir rempli ces missions, il conteste cependant formellement les contrats qui lui ont été fournis. Ces derniers précisaient qu’il aurait été salarié par le Parlement européen en tant qu’assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen puis en tant que « chargé d’études » pour l’expert-comptable du parti, Nicolas Crochet.

« Je n’ai jamais été attaché parlementaire européen »

Deux emplois qu’il affirme catégoriquement n’avoir jamais exercés, aussi bien lors de son audition par la brigade financière que lors de ses interventions médiatiques.

Autant je n’ai jamais été attaché parlementaire européen. Autant je vous prie de croire que je n’ai jamais été expert-comptable dans un cabinet d’expertise comptable. Ça fait beaucoup de choses illégales”.

A-t-il également avoué à Mediapart.

Nous avions prévu que mon contrat s’arrête à la fin du mois et qu’ensuite j’obtienne mes indemnités puis le chômage. Or, Nicolas Crochet ne m’a toujours pas fait les fiches de salaire. Et le contrat en cours est caduc donc je ne peux prétendre au chômage pour le moment.

A-t-il déclaré.

Lorsque son contrat s’est arrêté en 2012 après l’élection présidentielle, ce Niçois de 31 ans a souhaité s’inscrire à Pôle emploi. Or, il y a appris qu’aucune cotisation n’avait été versée.

Le Front National aurait donc décidé de faire payer une partie de l’addition très salée de la campagne présidentielle par le contribuable européen.

D’après Mediapart et Marianne, ce contrat du Parlement existe, alors que Gaël Nofri n’y a strictement jamais mis les pieds.

Interrogé par Mediapart, Louis Aliot a simplement répondu :

Nofri racontait et écrivait tellement de choses plus ou moins contradictoires ou farfelues que je ne cherchais pas à savoir. Pour moi, il était un ami… du moins je le croyais.

Si cela était avéré, cela rendrait difficile une défense qui reposerait sur le fait que la présidente du Front National n’en a strictement jamais entendu parler.

Publié le vendredi 10 mars 2017 à 11:46, modifications vendredi 10 mars 2017 à 12:37

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