Politique

Emplois fictifs au FN : Le rapport accablant pour Marine Le Pen

Mediapart et Marianne ont eu accès à un rapport transmis à la justice française par l’Office antifraude européen. Il affirme que Marine Le Pen a produit un faux contrat de travail pour un de ses assistants.

L’affaire des assistants parlementaires fantômes n’est pas entérinée pour Marine Le Pen.

En effet, Mediapart et Marianne ont publié ce jeudi 16 février, des extraits d’un rapport accusateur de l’Office européen de lutte contre la fraude (Olaf).

Le document, transmis à la justice française en juillet dernier, accuse la présidente du Front national d’avoir produit un faux contrat de travail pour justifier l’emploi fictif de deux de ses collaborateurs.

S’il considère que les allégations initiales de conflits d’intérêts et d’emplois fictifs concernant ses deux assistants locaux, Louis Aliot et Florian Philippot, n’ont pu être confirmées », l’Olaf estime en revanche que pour les cas de Thierry Légier et Catherine Griset, les irrégularités sont constituées.

Ainsi, selon ce rapport, ce dernier a été embauché pendant quelques mois en 2011 comme assistant parlementaire. Pourtant à cette époque il occupait à plein temps une autre fonction : celle de garde du corps de la présidente du Front national.

Pour son emploi au Parlement européen, ce dernier bénéficiait d’une rémunération mensuelle de 7 237 euros net pour un trois quarts temps. Une somme jugée « extrêmement élevée » pour l’Olaf.

D’après les enquêteurs, Marine Le Pen a reconnu que

Les bulletins de salaire établis sur la période d’octobre à décembre 2011. Pour un montant de 41 554 euros, n’ont jamais été payés au bénéficiaire.

Ils ont ajouté :

Elle n’avait pas employé M. Légier pendant ces trois mois.

Selon ce document la défense de Marine Le Pen reposerait sur le fait que

Cette opération aurait été d’obtenir du Parlement la régularisation de dépenses de salaires et de charges antérieures qui n’avaient pas été payées par ce dernier.

Faux et usage de faux

En outre, pour l’office antifraude, ce contrat de travail à durée déterminée signé par Marine Le Pen ne correspond pas à la réalité :

De ce fait, le bulletin de salaire établi pour le mois d’octobre 2011 et versé au dossier du  Parlement européen pour justifier les remboursements (….) constituerait un faux.

Ont conclu les enquêteurs.

Concernant Catherine Griset, amie et collaboratrice de longue date de la présidente du Front national :

L’enquête a également montré que Mme Le Pen l’avait fait employer par le Parlement européen. Sur un poste d’assistante parlementaire accréditée à Bruxelles. Alors qu’elle était son assistante personnelle au siège de son parti en France.

De plus, pour les auteurs du rapport,

Les faits en question pourraient être constitutifs d’infractions pénales d’abus de confiance. Voire d’escroquerie ainsi que de faux et d’usages de faux, selon les dispositions respectives du Code pénal français.

Le « préjudice total subi » par l’institution pour les embauches de Catherine Griset et Thierry Légier est, selon l’organisme anti-fraude, de 336 146 euros.

Cependant, l’Olaf n’a pas le pouvoir de poursuivre, ni de saisir la justice française. Ainsi, ce rapport fait seulement office de recommandation pour les magistrats français quant à la dimension pénale de l’affaire.

Or, le parquet de Paris a déjà ouvert une information judiciaire.

Face à ces informations, l’avocat de Marine Le Pen, Marcel Ceccaldi, a qualifié ces allégations de « sornettes ».

Publié le vendredi 17 février 2017 à 8:47, modifications vendredi 17 février 2017 à 8:47

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