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Emmanuel Macron a certifié que “La France n’ouvrira pas de Centres d’accueil pour migrants”

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Emmanuel Macron a garanti que la France n’accueillerait pas de « Centres contrôlés pour les migrants »

C’est l’une des mesures phares annoncées lors du conseil européen sur la crise migratoire qui s’est tenu à Bruxelles jeudi 28 juin. Parmi les propositions avancées pour pallier l’accueil des réfugiés sur le sol européen, des « centres contrôlés » installés dans les pays « de première arrivée » ont été évoqués. Ces lieux, connexes à d’autres centres dédiés au débarquement, seraient des plateformes de stationnement pour les migrants gérées « avec le plein soutien de l’Union européenne » et destinées en grande partie à trier les individus en fonction de leur droit à l’asile, avant qu’ils soient répartis « selon le principe de solidarité ». Mais le texte suscite déjà depuis vendredi des controverses de la part du Rassemblement national et de la France Insoumise, et quelques réticences au sein même de ses signataires.

Les Etats européens sont libres de refuser

En réalité, l’article 6 dans lequel figure cette proposition ne prévoit pas d’obligation à la mise en place de ces centres sur le territoire européen, la décision serait donc laissée aux pays concernés sur la base du volontariat. Et pour l’instant, seule la Grèce se serait manifestée pour mettre en place de telles infrastructures sur son sol. Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte n’a d’ailleurs pas manqué de démentir les multiples affirmations entendues çà et là, clarifiant :

Il est nulle part écrit dans l’article 6 (de l’accord) que les centres d’accueil en Europe doivent être dans des pays déterminés. Je vous invite à le relire.

Avant d’ajouter que le Président français était « fatigué » lorsqu’il a annoncé à la presse ce détail de l’accord signé vendredi à 4h30 du matin, stipulant « l’obligation » pour les pays figurant parmi les premières destinations des migrants, à savoir l’Italie, la Grèce ou encore l’Espagne, d’accueillir ces centres.

Le texte lui donne raison, il spécifie cette nuance importante selon laquelle : « Sur le territoire de l’UE, les personnes secourues conformément au droit international, devraient être prises en charge sur la base d’un effort partagé, par un transfert dans des centres établis dans des États membres, uniquement sur une base volontaire, où un traitement rapide et sûr permettrait, avec le soutien total de l’UE, de distinguer les migrants en situation irrégulière, qui feront l’objet d’un retour, des personnes ayant besoin d’une protection internationale, auxquelles le principe de solidarité s’appliquerait. ».

La France n’aura pas de centres d’accueil

En outre, Emmanuel Macron a formellement réfuté la possibilité que la France puisse être l’un des pays concernés par cette mesure, déclarant vendredi, en marge des discussions :

La France n’est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, mais j’ai refusé.

Et de préciser que les cotes maritimes de l’Hexagone n’étant pas frontalières avec celles de l’Afrique, il y aurait donc peu de chances pour que le pays se voit contraint de prendre part au projet.

Un texte critiqué de toutes parts

Mises à part ces premières réserves des États membres, de nombreuses critiques ont été émises à l’encontre de l’accord. En grande partie, celles-ci relèvent de la nature essentiellement sécuritaire des décisions prises. Ian Brossat, élu du Parti Communiste Français a dénoncé dans un tweet le fait que l’accord se concentre sur le tri des arrivants et ne prévoit « rien sur l’accueil digne » des réfugiés. L’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte entraînant le « blocage » des migrants aux portes de l’Union Européenne « […] quelques soient leur vulnérabilité et les horreurs qu’ils fuient […] », vouant ainsi les entreprises de sauvetage « non gouvernementales » à une « diabolisation ».

Publié le lundi 2 juillet 2018 à 12:43, modifications lundi 2 juillet 2018 à 11:24

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