Politique

Election présidentielle de 2017 : Alain Juppé en visite sur la symbolique dalle d’Argenteuil

Alain Juppé s’est rendu sur la dalle d’Argenteuil à l’endroit même où son grand rival Nicolas Sarkozy avait promis de se « débarrasser de la racaille » en 2005.

Alors qu’Alain Juppé se fait rattraper dans les sondages par Nicolas Sarkozy, le maire de Bordeaux est bien décidé à ne rien laisser au hasard.

En effet, à la veille d’un nouveau débat, programmé ce jeudi 3 novembre, entre les candidats à la primaire de la droite, le fragile favori a tenté une nouvelle démonstration de force en se rendant sur la symbolique dalle d’Argenteuil dans le Val-d’Oise, ce mercredi 2 novembre, là où Nicolas Sarkozy avait promis en 2005 à une habitante de la « débarrasser des racailles ».

Ainsi, Alain Juppé a préféré jouer la carte de l’apaisement là où l’ex-chef d’Etat avait jeté de l’huile sur le feu alors qu’il était ministre de l’Intérieur, en 2005 :

Vous en avez assez de cette bande de racailles ? On va vous en débarrasser

Avait déclaré Nicolas Sarkozy face caméra, à Argenteuil. Quelques mois auparavant, il avait proposé de nettoyer « au Kärcher » la cité de La Courneuve en Seine-Saint-Denis.

S’inscrivant en faux par rapport à cette approche, Alain Juppé a expliqué sobrement être venu

Pour écouter et répondre aux questions des habitants d’Argenteuil.

Il a été notamment accueilli sur place par le maire (Les Républicains) Georges Mothron et par le député (Les Républicains) Axel Poniatowski, qui le soutiennent dans cette primaire.

Très avisé sur les faits de communication, le maire de Bordeaux a refusé de commenter les questions des journalistes à propos de la visite de Nicolas Sarkozy en 2005.

Cependant, Kalem Hamza, élu Les Républicains de La Courneuve et soutien d’Alain Juppé, a évoqué

Des mots qui ont fait mal, qui ont choqué et qui continuent de faire du mal.

Depuis le début de la course à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à pointer du doigt les banlieues, faisant de l’insécurité l’une de ses priorités de campagne. Dans le même temps, Alain Juppé a affiché une stratégie antagonique en souhaitant apaiser les esprits, pour pourquoi pas tenter de s’offrir le vote de leurs habitants en 2017 :

On compte aller chercher les voix une à une, y compris ici.

A admis l’entourage du maire de Bordeaux.

Par conséquent, à Argenteuil, Alain Juppé a exprimé son respect de la « diversité ». Il a jugé « pas supportable » le taux élevé de chômage dans les quartiers, renvoyant aux propositions contenues dans un de ses livres.

Il a aussi préconisé :

Encourager ceux qui veulent créer des entreprises avec un vrai fonds d’encouragement à la création d’entreprises.

Ou encore de relancer les zones franches urbaines qu’il avait lancées en 1996 alors qu’il était Premier ministre.

Sur le terrain sécuritaire, Alain Juppé a expliqué vouloir en finir avec les « zones de non droit ». Comme dans les quartiers Nord de Marseille la semaine dernière, il a effectué un rapide détour au commissariat qui n’était pas prévu au programme.

Interpellé par un habitant pour savoir si, lui président, il y aurait plus de policiers et de professeurs, il a répondu qu’il comptait créer 10 000 postes supplémentaires dans les forces de l’ordre.

Malgré la carte de la décontraction et les multiples haltes à la médiathèque, à l’épicerie, au salon de coiffure, la visite matinale d’Alain Juppé n’a pas suscité un grand enthousiasme.

A la boulangerie, la patronne des lieux prend soin d’éviter au maximum le candidat et obtient ainsi son départ précipité :

Je n’avais rien à lui dire. Cette visite, il l’a fait pour lui, pour les sondages, pas pour nous.

S’est-elle ensuite justifiée.

Publié le jeudi 3 novembre 2016 à 10:32, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:24

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