Politique

Droits de succession : Emmanuel Macron désavoue Christophe Castaner et demande « d’arrêter d’emmerder les retraités »

Christophe Castaner a avancé l’ouverture une réflexion sur la fiscalité des droits de succession. Pourtant, Emmanuel Macron a fait savoir qu’il n’était pas question d’y toucher.

Le message d’Emmanuel Macron est clair : « les impôts, c’est moi, personne n’y touche ». Pourtant, Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche, avait indiqué vendredi 14 septembre vouloir ouvrir une réflexion sur la fiscalité des droits de succession.

On n’y touchera pas tant que je suis là.

Or, cette idée a été sévèrement vilipendée par Emmanuel Macron lundi 17 septembre.

Les droits de successions et les pensions de réversion, on n’y touchera pas tant que je suis là.

A ainsi martelé le chef de l’Etat lors d’une réunion avec ses équipes, a indiqué lundi 17 septembre son entourage à BFMTV.

Il a ajouté :

On a demandé des efforts aux retraités. Mais maintenant arrêtez de les emmerder !

Ces informations ont été confirmées officiellement lundi par le Palais de l’Elysée :

Le président de la République exclut toute modification des droits de succession sous sa présidence.

Dans un communiqué publié peu après la réaction du chef de l’État, La République en Marche a dit « prendre acte de sa décision ».

À la tête de La REM je continuerai à faire vivre le débat. Et porter les idées qui pourront se traduire ou non dans la réalisation de l’exécutif. C’est l’essence-même de ce mouvement que de proposer.

A quant à lui précisé Christophe Castaner.

Un sujet sensible

Depuis son accession à la présidence, Emmanuel Macron n’a pas souhaité avancer sur ce sujet délicat. Pourtant, en 2017, un rapport de l’organisme public France stratégie, alors dirigé par l’économiste proche d’Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry, avait appelé à « revoir en profondeur » cette fiscalité. Celle-ci étant une manne à privilégier pour lutter contre « l’apparition d’une société à deux vitesses ».

Pour rappel, cet impôt comprend des barèmes progressifs selon les sommes héritées. Mais de nombreux abattements ont été mis en place. Ceux-ci permettent aux transmissions d’être plus faiblement taxes. Or, « une taxation plus lourde » sur les très grosses successions pourrait compenser les pertes liées à la suppression partielle de l’ISF. La réforme la plus symbolique du début de quinquennat.

Lorsqu’il était ministre de l’Economie, en 2016, Emmanuel Macron avait pourtant évoqué la possibilité de taxer davantage ce qu’il nommait « la rente ». Cependant, le président de la République est conscient que si l’exécutif alourdit la fiscalité, cela pourra entraîner le départ des grandes fortunes. Ce que justement la réforme de l’ISF veut freiner.

Ainsi, pour Emmanuel Macron, à défaut de baisser les impôts, il est important de ne pas y toucher.

Publié le mardi 18 septembre 2018 à 11:22, modifications mardi 18 septembre 2018 à 11:25

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