Politique

Déplacement d’Emmanuel Macron à Las Vegas : la justice attend des réponses

Une soirée à plus de 380 000 euros

Le parquet national financier a déclaré attendre « plus d’informations » sur les soupçons de favoritisme autour d’un déplacement à Las Vegas d’Emmanuel Macron, lorsqu’il était ministre de l’Economie. « Des suites éventuelles » peuvent être envisagées.

Le Canard enchaîné a affirmé, mardi 7 mars, dans un article que « l’Inspection générale des finances (IGF) soupçonnait un délit de favoritisme ». Cela concernerait l’organisation en janvier 2016 d’une soirée à Las Vegas (aux Etats-Unis), où Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, avait rencontré des entrepreneurs français.

En effet, le 6 janvier 2016, en plein Consumer Electronics Show, le grand rendez-vous mondial de l’innovation technologique, Emmanuel Macron avait été accueilli par plus de 500 personnalités et dirigeants de start-up français.

Cette opération de séduction, montée dans l’urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France (l’organisme de promotion de la French Tech dépendant de Bercy) sans qu’aucun appel d’offres ait été lancé.

A ainsi révélé Le Canard enchaîné.

Reprenant les conclusions de l’IGF, l’hebdomadaire a révélé que Business France, ou certains de ses salariés, « pourraient être incriminés pour favoritisme » et Havas France ou ses dirigeants « au titre de la complicité ou du recel ».

Une soirée à 381 759 euros

Par conséquent, ce mercredi 8 mars, le Parquet national financier a expliqué à l’AFP qu’il attendait « plus d’informations » pour envisager « les suites éventuelles ».

En effet, Le Canard enchaîné a précisé que l’opération, d’un coût de plus de 380 000 euros, avait été confiée au géant Havas et cela sans appel d’offres, comme il est d’usage.

Le coût de la soirée 381 759 euros, dont 100 000 rien que pour l’hôtel, où la moindre chambre était facturée plus de 300 euros la nuit.

Pour l’entourage du candidat du mouvement En Marche! :

M. Macron n’est absolument pas concerné par ces soupçons.

De son côté, Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’un déplacement aux Mureaux (dans les Yvelines).

Je n’ai pas pris connaissance de cela. Mais je ne pense pas que ce soit mon ministère qui ait organisé un événement sans appel d’offres.

Il a ajouté :

Je pense que ça peut être des agents de l’Etat ou en tout cas des entités publiques. Mais je demande à vérifier les faits. Mon ministère, lorsque j’étais ministre, a toujours respecté les règles des appels d’offres et des marchés publics.

Le gouvernement à la rescousse d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l’Economie sont totalement hors de cause.

A assuré mercredi Michel Sapin, l’actuel ministre de l’Economie et des Finances.

C’est un dysfonctionnement de Business France. Il lui appartenait, si elle considérait que les délais étaient trop courts, de dire qu’elle ne pouvait pas organiser l’événement selon les règles. Ce qui n’a pas été fait.

A-t-il déclaré avant d’ajouter :

Si l’inspection concluait à l’existence d’un non-respect des règles, elle devrait saisir la justice. Mais cette saisine ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron, son cabinet ou le ministère.

Ainsi, pour le gouvernement, Emmanuel Macron n’y est pour rien. Cependant, une enquête est envisageable à l’encontre de Business France.

Publié le jeudi 9 mars 2017 à 10:36, modifications jeudi 9 mars 2017 à 10:36

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