Politique

Crise chez les maires de France : La moitié ne veut pas se représenter en 2020

A quelques jours du congrès des maires, une étude inédite du Cevipof pour l’Association des maires de France révèle que près de la moitié d’entre eux ne se représentera pas aux prochaines élections municipales, en 2020.

Les maires de France ont le blues… Alors que l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) organise du 20 au 22 novembre 2018 son congrès, le Centre de recherches de Sciences-Po (Cevipof) a mené une enquête auprès d’eux.

Entre résignation et incertitude

Cette étude publiée jeudi 15 novembre dans Le Monde montre des indicateurs inquiétants. Ainsi, 49 % des maires prévoient d’abandonner tout mandat électif. Dans les détails, le souhait d’abandon augmente avec l’âge de l’intéressé et avec la taille de la commune. Aussi, les édiles des communes de moins de 500 habitants, soit 51 % des communes, sont 54 % à envisager de ne pas se représenter. Inversement, cette perspective est évoquée par 37 % des maires des villes de plus de 9.000 habitants.

Les raisons multiples de cette tendance traduisent « une forme de résignation des maires contenue par un sens du devoir », souligne l’enquête. En effet, deux explications reviennent :

  1. 71% d’entre eux mettent en avant leur souhait de privilégier leur vie professionnelle et familiale
  2. 52% estiment avoir rempli leur devoir civique. Ce dernier sentiment « ne traduit pas à proprement parler un malaise, mais au contraire un signe de bon fonctionnement de la démocratie locale ».

De manière plus alarmante, 36% des maires expliquent avoir « de plus en plus de difficultés à satisfaire les demandes de leurs administrés ». Le lien entre l’élu et la population est ainsi de plus en plus perçu comme une relation entre citoyen contribuable et maire « fournisseur de services ». Nombre de maires expriment enfin leur sentiment d’être dépossédés de leur capacité d’action au sein des intercommunalités. En effet, plus d’un tiers des maires (33,9%) invoquent le manque de moyens financiers pour assumer leur fonction. Et 14,8% le manque de personnels.

C’est une très grave crise d’identité que les maires nous ont déclarée.

A affirmé Bruno Cautrès, politologue, chercheur au Cevipof et invité de Matthieu Belliard sur Europe 1, jeudi soir.

Une crise plus large

Un élément cristallise ce mélange d’angoisse, de lassitude et de colère : la suppression progressive de la taxe d’habitation à l’horizon 2021. En effet, 82% des maires estiment que cette réforme n’est pas une mesure favorable pour le pouvoir d’achat des Français. En outre, ils sont 83% à considérer qu’elle n’est pas pertinente.

Reste qu’à quelques jours du congrès annuel de l’Association des Maires de France, du mardi 20 au jeudi 22 novembre, la relation n’est pas au beau fixe entre le gouvernement et les maires.

Publié le vendredi 16 novembre 2018 à 10:51, modifications lundi 19 novembre 2018 à 18:32

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