Politique

Camp Daviais : la maire de Nantes refuse l’évacuation des migrants

Johanna Rolland, à la tête de l’équipe municipale nantaise, s’oppose à l’évacuation du camp Daviais. Ce lieu abrite un nombre conséquent de migrants subsahariens, dans des conditions sanitaires de plus en plus difficiles. La décision de la maire intervient dans un climat tendu, où les solutions d’hébergement manquent.

Nantes n’évacuera pas le camp Daviais. Par conséquent, le bras de fer entre la mairie et la préfecture, donc l’État, se poursuit.

Camp Daviais : la mairie défie l’État

La ville de Nantes refuse de demander l’évacuation du square Daviais malgré la mise en demeure qu’elle a reçue hier de la préfecture.

Précise Johanna Rolland à l’AFP.

Elle écarte donc l’éventualité de céder aux injonctions de l’État. Face à cette position, l’équipe de Nicole Klein diffère son action.  Ainsi, la préfecture a indiqué qu’elle “continue  à étudier le dossier” et que des “décisions seront prises la semaine prochaine“.

La mairie avait déjà sollicité l’aide de la préfecture

La préfète annonce que l’analyse du dossier du camp Daviais suit son cours. Cependant, il s’avère que Johanna Rolland l’avait interpellée une semaine plus tôt. En effet, lundi dernier, la maire PS, épaulée par quelques associations locales, alertait déjà la préfecture sur la dégradation rapide du campement.

(…) La ville de Nantes et les associations signataires demandent à la préfète d’organiser de manière urgente une rencontre pour réfléchir ensemble aux solutions à apporter face à une situation qui empire de jour en jour, avant qu’elle ne devienne une crise sanitaire grave.

Disait-elle alors, dans un texte commun.

Visiblement dans l’impasse, Johanna Rolland décide aujourd’hui de concentrer ses efforts sur le travail associatif.

La ville va financer et co-organiser avec la Croix Rouge et les associations locales une aide alimentaire à compter de lundi, face à une situation qui empire de jour en jour.

Confiait-elle désormais à l’AFP, en l’absence d’accord satisfaisant avec Nicole Klein.

 

Camp Daviais : une situation précaire

Interrogé jeudi dernier par Ouest-France, le constat fait par Médecins du monde, qui est sur les lieux, est déplorable.

Un seul point d’eau. Pas de douche, pas de WC, pas d’électricité. De la nourriture en quantité insuffisante. Ces personnes vivent dans des conditions épouvantables !

Dénonce Mathieu Quinette. La colère à peine voilée du coordinateur de l’opération Médecins du monde pointe aussi le rôle de la préfecture.

Depuis plusieurs mois, les expulsions se succèdent en ville. Alors, les migrants se sont concentrés ici, square Daviais. Aucun dispositif de droit commun n’a été mis en place pour les soutenir. Les bénévoles sont débordés, les structures d’aide aussi : la plate-forme de demande d’asile, fermée depuis lundi, a exercé son droit de retrait. On demande une table ronde à la préfecture, sans succès. L’État laisse les migrants crever

Assène-t-il en conclusion, très critique.

La préfecture promet une réaction

En milieu de semaine dernière, l’appareil de l’État évoquait une expulsion des migrants sur décision judiciaire. Désormais, la préfecture pense mettre sur pied un dispositif proche d’un “sas” ou d’un guichet, afin d’étudier les demandes d’asile. Elle déclare aussi mettre en oeuvre un plan pour obtenir des places d’hébergement d’urgence. Toutefois, il n’y en a qu’une quarantaine de disponibles dans la région.

Un problème qui paraît insoluble. En effet, les chiffres officiels parlent de 170 migrants, ce qui est largement au-dessus des capacités d’accueil. Mais, sur le terrain, les bénévoles comptent entre 200 et 300 personnes, principalement du Soudan et de l’Erythrée.

Jusqu’à mi-juin, seules quelques tentes constituaient le camp Daviais. Avant ce moment-clé, des migrants occupaient deux bâtiments privés qui leur servaient de squats. Mais ceux-ci ont été évacués. Les personnes qui y vivaient se sont ainsi retrouvées au square, se rajoutant à celles qui arrivent d’Italie ou d’Espagne dans un contexte de crise migratoire européenne.

Publié le lundi 16 juillet 2018 à 12:43, modifications lundi 16 juillet 2018 à 12:05

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