Politique

Brésil : Dilma Rousseff sur le chemin de la sortie

La Chambre des députés brésiliens a approuvé l’instauration d’un procès en vue de destituer la présidente brésilienne. Les sénateurs ont désormais les cartes en main.

Loin des préoccupations des Jeux Olympiques, le Brésil connaît un véritable séisme politique. En effet, la présidente Dilma Rousseff connaît ses derniers instants à la tête du pays.

Ce dimanche 17 avril, dans une ambiance tendue, les députés de la Chambre se sont prononcés en faveur de l’ouverture d’une procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff (à 367 parlementaires pour et 137 contre).

Le résultat est donc sans appel et fait figure d’un cuisant échec pour le gouvernement qui ne veut néanmoins pas s’avouer vaincu.

Ce vote nous remplit de tristesse et d’indignation.

A réagi José Eduardo Cardozo, l’ancien ministre de la justice qui avait assuré la défense de Dilma Rousseff.

La population est descendue dans la rue et a suivi le vote retransmis sur des écrans géants installés devant le Parlement.

Les brésiliens étaient séparés par un imposant système de sécurité symbole d’un pays coupé en deux : d’une part les partisans de l’opposition (en vert) et d’autre part les sympathisants de la présidence (en rouge : la couleur du Parti des Travailleurs).

impeachment

Si la présidente Dilma Rousseff n’a pas encore officiellement fait de déclarations, elle a convoqué une réunion de crise à Brasilia à la suite du vote des députés. Cependant, dans son entourage, de nombreuses voix dénoncent un coup d’Etat envers la démocratie qui repose davantage sur un procès politique plutôt qu’un motif juridique.

Accusée d’avoir fausser les comptes publics en 2014 et 2015 pour masquer l’ampleur de la crise économique, Dilma Rousseff a toujours nié fermement ces accusations et avait annoncé :

Je lutterai jusqu’à la dernière minute de la seconde mi-temps.

Dans ce contexte très tendu, le Parti des Travailleurs a proposé la tenue d’élections anticipées dès 2016 au lieu de 2018 prévue par la Constitution brésilienne (Dilma Rousseff a été élue en 2014 et les élections se tiennent tous les 4 ans au Brésil).

Pourtant, si l’on en croit l’avocat général du Brésil, Eduardo Cardozo, la présidente actuelle n’a aucune intention de poser sa démission à l’inverse de l’ancien président Fernando Collor, lui aussi menacé par une procédure de destitution en 1992.

On va continuer à lutter et essayer d’empêcher que le Sénat se prononce pour la destitution.

A fait entendre un proche conseiller de la présidente.

A présent, le Sénat doit se prononcer à son tour sur le départ ferme et définitif de Dilma Rousseff. Ce vote prévu à la mi-mai, s’il remporte la majorité simple (une majorité des deux tiers est requise), suffira à mettre la présidente en accusation pour « crime de responsabilité » et elle sera écartée du pouvoir pendant une période d’au moins six mois.

Dans ce cas, la Cour Suprême prendra le relais et ce sera alors le vice-président Michel Temer (lui même accusé de corruption) qui assurera les fonctions et devra former un nouveau gouvernement de transition.

Cette ancienne combattante, torturée sous la dictature du président Luiz Inacio Lula da Silva et qui est entrée dans l’histoire en devenant la première femme présidente du Brésil, n’est pas décidée à abandonner la bataille politico-judiciaire qui s’annonce.

Publié le mardi 19 avril 2016 à 9:41, modifications mardi 19 avril 2016 à 9:48

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