Politique

Attentat dans l’Aude : Edouard Philippe riposte face aux attaques de Laurent Wauquiez et Marine Le Pen

Edouard Philippe a fermement répliqué aux critiques de Laurent Wauquiez et Marine Le Pen concernant l’attaque de Trèbes dans l’Aude, vendredi dernier.

Laurent Wauquiez et Marine Le Pen se sont montrés très critiques contre le chef de l’État après l’attaque de Trèbes. Les dirigeants des Républicains et du Front national ont remis sur la table leurs propositions, de la rétention des individus « les plus dangereux » aux expulsions. Ainsi, après le flot d’attaques, le Premier ministre Edouard Philippe leur a vertement répondu ce mardi 27 mars.

Une bien lourde responsabilité

En effet, lors de la séance des questions au gouvernement marquée par un hommage aux quatre victimes de l’attentat de vendredi dernier dans l’Aude, le Premier ministre a opposé une fin de non-recevoir aux demandes des leaders de la droite et de l’extrême droite. Il les a même accusés d’irresponsabilité.

Ceux qui affirment sans savoir que cet attentat aurait pu être évité. Ceux qui croient pouvoir promettre aux Français un risque zéro. Je le dis : ceux-là prennent, dans leur légèreté, une bien lourde responsabilité.

A-t-il lancé avant de passer en revue les propositions des présidents des Républicains, du Front national. Mais aussi de Manuel Valls, qui a déclaré vouloir « interdire le salafisme ».

Ainsi, concernant la restauration de l’état d’urgence comme le demande Laurent Wauquiez et comme l’a exigé Christian Jacob, le président du groupe Les Républicains au Palais-Bourbon, Edouard Philippe s’est montré ferme :

L’état d’urgence était nécessaire et il était nécessaire d’en sortir.

A-t-il résumé, rappelant que la loi de sécurité actuelle reprend certaines dispositions de l’état d’urgence.

Parce que nous sommes confrontés à une menace terroriste qui va durer de longues années. C’est avec des armes de droit commun qu’il nous faut la combattre.

La fiche S est un outil

Pour ce qui est d’expulser et/ou enfermer les fichés S :

Dire cela, c’est méconnaître profondément nos outils de renseignement. La fiche S est un outil de police, un outil de vigilance qui permet d’accumuler du renseignement sur une personne. Elle n’est pas en elle-même un élément de preuve. Et elle n’a d’intérêt que si les personnes concernées ne savent pas qu’elles le sont.

A simplement répondu Edouard Philippe. Ce dernier a également pris le soin de rappeler la position de Frédéric Pechenard, l’ancien directeur de la police qui avait pris lundi le contre-pied de Laurent Wauquiez sur la question de la rétention administrative des fichés S.

On ne peut pas interdire les idées

Enfin, pour ce qui est d’interdire le salafisme, comme le propose l’ancien Premier ministre Manuel Valls. Edouard Philippe a donné pour mémoire l’article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Ainsi, en lien avec ce texte, le Premier ministre a rappelé :

On ne peut pas interdire une idée. On peut sanctionner les comportements qu’elle entraîne s’ils sont contraires à l’ordre public, aux lois de la République et aux exigences minimales de la vie en société.

Enfin, ces mises au point prononcées, les députés LREM et de gauche, jusqu’à Jean-Luc Mélenchon, ont applaudi. Quant aux bancs des Républicains, ils sont restés très silencieux.

Publié le mercredi 28 mars 2018 à 10:44, modifications mercredi 28 mars 2018 à 10:00

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