Politique

Assemblée nationale : le mot “race” ôté de la constitution

Jeudi, à l’unanimité, les députés ont supprimé toutes les mentions du mot “race” dans la loi fondamentale.

La constitution française ne reconnait pas la notion de “race”. En effet, les membres de l’Assemblée nationale ont fait disparaître ce mot de l’ensemble des lois qui bâtissent l’État. Hier, la motion est passée avec 119 voix “pour” sur 119 votants.

D’où vient cette réforme de la constitution ?

L’examen de la réforme constitutionnelle qui a eu lieu jeudi est certes un projet souhaité par le président de la République, Emmanuel Macron. Cependant, comme l’a rappelé Richard Ferrand, rapporteur de l’Assemblée nationale, il s’agit en réalité “d’un combat ancien“.

On trouve, dans les personnalités ayant voulu cette suppression, un des prédécesseurs du locataire de l’Élysée. François Hollande, puisque c’est de lui qu’il s’agit, portait déjà ce vœu en 2012.

Il n’y a pas de place dans la République pour la race. Et c’est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot ‘race’ de notre Constitution !

Déclarait-il alors, le 10 mars de cette année-là, lors du lancement de sa campagne ultramarine.

Le terme, aujourd’hui banni, figurait dès l’article premier de la constitution du Pays :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.

Stipulait de fait l’entame de la loi fondatrice.

Quel amendement a-t-il été préféré ?

Dans cette séance publique, Danièle Obono (LFI), Stéphane Peu (PCF), Hélène Vainqueur-Christophe (PS), Jean-Christophe Lagarde (UDI) proposent tous les quatre des amendements de suppression du mot “race”.

Toutefois, c’est la version du député UDI qui emporte l’adhésion du rapporteur. Avant le vote, plusieurs parlementaires d’obédiences politiques différentes, défendent au micro le bien-fondé d’une telle réforme. Puis, le vote se fait, avec le résultat que l’on sait.

 

 

Enfin, Eric Coquerel et Danièle Obono (LFI), qui encensent cette avancée, la trouve cependant incomplète. Tous deux souhaitent que “origine” soit désormais inscrit au pluriel dans la loi fondamentale.
Selon eux, cela assurerait une plus grande efficacité dans la lutte contre le racisme. En conclusion des échanges, Richard Ferrand lance un appel à l’Assemblée. Celui de “continuer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme” afin d’être de “bons soldats de la République”.

Publié le vendredi 13 juillet 2018 à 12:36, modifications vendredi 13 juillet 2018 à 12:36

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