Politique

Affaires des assistants parlementaires : Le Front national mis en examen

Dix-sept eurodéputés ou ex-eurodéputés Front national, dont Marine Le Pen et son père Jean-Marie Le Pen, sont visés par l’enquête. 

Des membres du Front national ont été mis en examen pour complicité et recel d’abus de confiance fin novembre dans le cadre de l’enquête sur des emplois fictifs présumés d’assistants de députés européens Front national. Ce mardi 12 décembre plusieurs médias dont Le Monde et Mediapart ont révélé l’information. Une mise en examen également confirmée par le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just.

C’est la suite logique de la procédure.

A-t-il déclaré.

Dans un communiqué, le parti d’extrême droite a dénoncé « un viol supplémentaire du secret de l’instruction ». En outre, il a rappelé qu’il a demandé la récusation de la juge d’instruction.

Cette mise en examen n’aurait pas dû être prononcée par le juge Thepaut qui aurait dû se récuser d’elle-même à raison de son appartenance au syndicat de la magistrature. Il est absolument intolérable que des représentants de ce syndicat d’extrême-gauche puissent en quoi que ce soit juger des affaires concernant le FN et ses dirigeants.

A estimé le Front national.

Pourquoi une mise en examen ?

Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen est soupçonné d’avoir utilisé les fonds alloués par Bruxelles pour embaucher des assistants parlementaires. Or, l’Office européen de la lutte anti-fraude (Olaf) et le parquet de Paris avaient été saisis en mars 2015 par le président socialiste du Parlement européen, Martin Schulz. Ce dernier avait alors signalé que 20 assistants parlementaires du Front national occupaient également des postes à responsabilité au siège du parti à Nanterre. Laissant ainsi planer un doute sur la réalité de leur travail à Strasbourg.

On ne peut pas être payé par le Parlement européen et travailler pour un parti.

Avait à l’époque résumé Martin Schulz.

Depuis, la liste des assistants soupçonnés d’emplois fictifs s’est allongée. Le gendarme antifraude de l’Union européenne a interrogé les attachés concernés par cette fraude supposée. Relevant notamment de nombreuses irrégularités.

17 cadres du Front national visés

Ainsi, à ce jour, une quarantaine d’assistants d’eurodéputés frontistes sont visés dans cette affaire. Ainsi que 17 cadres du parti, dont Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot et Florian Philippot. Les instances dirigeantes du Parlement européen soupçonnent les assistants d’avoir été employés à l’assemblée uniquement pour en percevoir les indemnités, et les dirigeants du FN d’avoir pensé et organisé cette fraude. Pour l’heure, deux assistants ont été mis en examen.

  • Catherine Griset, cheffe de cabinet de Marine Le Pen au FN et assistante accréditée au Parlement européen. Celle-ci elle badgeait presque quotidiennement au siège du parti à Nanterre en 2015, d’après les enquêtes de la justice française et de l’Olaf. Pourtant, en tant qu’assistante accréditée, Catherine Griset était tenue d’avoir une « présence permanente » à Strasbourg ou à Bruxelles. Le Parlement européen a lancé une procédure pour recouvrer près de 300.000 euros de salaires indûment versés entre 2010 et 2016. Elle a été mise en examen en février pour recel d’abus de confiance par la justice française.

 

  • Charles Hourcade employé comme graphiste au FN et assistant parlementaire de l’eurodéputée frontiste Marie-Christine Boutonnet. Il a également été mis en examen en France pour recel d’abus de confiance en mars. Une expertise de son matériel informatique a montré que l’attaché n’avait échangé qu’un seul courriel avec son eurodéputée entre août 2014 et mars 2015, durée de son contrat d’assistant parlementaire. Il est suspecté d’avoir indûment perçu à ce titre environ 37.000 euros entre septembre 2014 et février 2015.

Où en est l’enquête ?

D’après les estimations du Parlement européen, ces manœuvres du Front national auraient coûté quelques cinq millions d’euros à l’institution. Par ailleurs, comme l’a relaté Le Monde, Wallerand de Saint-Just avait admis au moment de son audition personnelle :

Il a pu y avoir des erreurs commises au regard d’une réglementation très rigide. Mais qu’en aucun cas il n’y a eu de fraude ou de volonté de captation des fonds publics européens.

Saisi en mars 2015 en même temps que l’Olaf, le parquet de Paris a confié l’enquête en décembre dernier à des juges d’instruction du pôle financier. Actuellement, les juges cherchent à déterminer si le Front national a mis en place un système pour rémunérer ses permanents ou des cadres avec des fonds publics européens. Dans ce cas, cela pourrait s’assimiler à du financement illégal de parti politique.

Une perquisition menée en février au siège du parti a permis la saisie d’un document. Celui-ci laisse à penser que ce système « frauduleux » a été pensé en haut lieu depuis 2012. Et qu’il était bien connu de sa présidente.

 

Publié le mercredi 13 décembre 2017 à 10:14, modifications mercredi 13 décembre 2017 à 9:51

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