Politique

Affaire des assistants d’eurodéputés Front national : Les juges saisissent 2 millions d’euros au Rassemblement national

Les juges, en charge de l’affaire des assistants présumés fictifs, soupçonnent le Rassemblement national, ex FN, d’avoir mis en place un système frauduleux pour rémunérer ses permanents avec des deniers européens.

Dans le cadre de l’enquête portant sur le travail des assistants au Parlement européen, la justice française a ordonné la saisie de 2 millions d’euros de dotation publique qui devaient être destinés au Rassemblement national (ex-Front national). En effet, les juges soupçonnent le parti de Marine Le Pen d’avoir mis en place un système frauduleux pour rétribuer ses permanents avec des fonds de la Commission européenne.

Le parti a d’ores et déjà affirmé sa volonté de faire appel. Un appel qui sera toutefois non suspensif. En effet, il n’empêchera pas la saisie à titre conservatoire des 2 millions de subventions publiques.

Un assassinat politique pour Marine Le Pen

Ainsi, il s’agit d’une très lourde sanction pour le Rassemblement national. Dans les détails, les juges d’instruction financiers parisiens ont retenu 2 millions d’euros, sur un total de 4,5 millions, de subventions publiques. Celles-ci devaient être versées lundi 9 juillet au parti d’extrême droite. Or, le Rassemblement national dont la trésorerie est exsangue a annoncé devoir lancer un appel aux dons.

C’est évidemment une décision politique de la part de juges politisés.

A estime le numéro 2 du parti, Nicolas Bay, interrogé sur Europe 1 ce dimanche 8 juillet. Selon l’eurodéputé, les deux magistrats qui ont pris cette décision sont proches du « syndicat de la magistrature, qui est une organisation d’extrême gauche bien connue ».

De son côté, Marine Le Pen a vivement réagi sur Twitter. Elle s’est plainte que « dès lundi, le RN ne pourra plus mettre en œuvre aucune activité politique ». Et sera « mort à la fin du mois d’août ».

Par ailleurs, dans une lettre ouverte, la présidente du Rassemblement national a dénoncé un « dossier vide qui n’est qu’au stade de l’instruction ». Ainsi que la « violation de la présomption d’innocence ». En outre, elle a lancé un appel aux dons, avec la création dans la soirée d’un site dédié. Celui-ci est destiné à sauver financièrement le parti.

Enfin, le trésorier du parti d’extrême droite, Wallerand de Saint-Just, a confirmé :

 Je ne vais pas raconter d’histoires, on ne pourra pas continuer à fonctionner longtemps comme ça.

Il a notamment décrit la trésorerie du RN comme « déjà exsangue. »

Des mises en examen

Vendredi 6 juillet, l’ancien numéro deux du Front national Bruno Gollnisch a annoncé qu’il avait été mis en examen pour « abus de confiance » dans le cadre de cette enquête qui couvre la période de 2005 à 2015. En outre, plusieurs parlementaires RN, dont Marine Le Pen, ainsi que certains de leurs attachés, ont déjà été mis en examen sur des soupçons du même genre. Le Parlement européen estime le préjudice à plusieurs millions d’euros.

Ainsi, dix personnes ou entités sont mises en examen à ce jour dans l’affaire des assistants présumés fictifs d’eurodéputés. L’ancien Front national en tant que personne morale et neuf assistants ou eurodéputés, dont Marine Le Pen et le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot, sont poursuivis.

Publié le lundi 9 juillet 2018 à 8:23, modifications dimanche 8 juillet 2018 à 21:34

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