Politique

Affaire des assistants parlementaires : Perquisition au siège du MoDem

Le siège du MoDem a été perquisitionné ce mercredi 18 octobre dans le cadre de l’enquête sur les assistants parlementaires européens.

Le MoDem se retrouve dans le viseur de la justice. En effet, une perquisition a eu lieu mercredi 18 octobre dans la matinée au siège du parti centriste à Paris. Selon une information RTL, ce sont les policiers anticorruption de l’Oclciff qui ont menés l’enquête. Ces investigations ont été engagées dans le cadre d’une enquête de soupçons d’emplois fictifs d’attachés parlementaires européens.

Une enquête ouverte dès mars

Cette affaire a débuté en mars après une dénonciation de l’élue du Front national, Sophie Montel. Le parquet de Paris avait alors ouvert une enquête préliminaire visant une vingtaine d’eurodéputés de tous partis politiques. Dont deux du MoDem. Ensuite, en juin, la polémique avait été ravivée par le signalement de Matthieu Lamarre, un ex-employé du parti centriste au Parquet de Paris. Cela avait déclenché l’ouverture d’une enquête spécifique sur le MoDem. Celui-ci avait envoyé au total six élus au Parlement européen sur la période 2009 à 2014.

Par la suite, fin juillet, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour « abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries ». L’enquête s’appuie notamment sur le témoignage de cet ancien salarié. En effet, engagé à temps plein en décembre 2010 comme « responsable web et réseaux sociaux » du parti, il avait immédiatement signé un avenant de détachement auprès de l’eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. Cependant, Matthieu Lamarre affirme que son emploi en tant qu’assistant parlementaire de l’ancien eurodéputé n’avait pas d’ancrage dans la réalité.

Démissions de ministres dès le début du quinquennat

Or, ces accusations d’emplois fictifs avaient contraint de nombreux ministres à donner leurs démissions.

Ainsi, la ministre des Armées, Sylvie Goulard, le garde des Sceaux, François Bayrou et la ministre des affaires européennes Marielle de Sarnez avaient quitté le premier gouvernement d’Edouard Philippe.

Début septembre, François Bayrou, président du MoDem depuis 2007, avait invectivé que cette affaire était « un obstacle artificiel, inventé ». Entendu comme témoin le 11 juillet, le président MoDem avait assuré qu’il n’y avait aucune preuve d’une irrégularité concernant les embauches de ses assistants parlementaires européens.

Depuis, les policiers de l’office anticorruption ont entendu plusieurs personnes, dont l’eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, Matthieu Lamarre, Isabelle Sicart et Karine Aouadj, deux assistantes parlementaires, ainsi que l’ex-députée européenne Corinne Lepage.

Contacté par Reuters, l’avocat du MoDem, Maître Francis Teitgen n’a « ni confirmer ni infirmer ». Il a simplement déclaré qu’aucun membre du parti n’étant mis en examen.

Publié le jeudi 19 octobre 2017 à 10:17, modifications jeudi 19 octobre 2017 à 9:53

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