Politique

Affaire Alexandre Benalla : Sorti de garde à vue, ses avocats font part de ses justifications

Le jeune homme de 26 ans affirme avoir réagi aux violences contre les force de l'ordre

Affaire Alexandre Benalla : Sorti de garde à vue, ses avocats font part de ses justifications

Dans un communiqué diffusé lundi 23 juillet par la chaîne TF1, il est enfin possible d’entendre la voix Alexandre Benalla, à travers les déclarations de ses avocats.

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Ils affirment que leur client aurait été invité par la Préfecture de Paris et la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à « observer les opérations de maintien de l’ordre » lors de la fameuse journée de manifestations parisiennes du 1er mai.

Une affirmation que réfute le préfet de la police de Paris, qui a déclaré sous serment n’avoir pas eu connaissance d’une telle décision, ni de la présence de M. Benalla sur les lieux.

Un scandale d’Etat

Sorti de 36 h de garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Paris ce samedi 21 juillet, celui qui se présentait jusqu’à lors comme l’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron risque à présent une mise en examen. Pour rappel des faits, Alexandre Benalla, 26 ans, proche collaborateur du Président de la République et chargé de la sécurité du chef de l’État a été filmé le 1er mai dernier en train d’agresser un couple de jeunes manifestants, équipé d’un casque à visière et d’un brassard des forces de l’ordre, rue de la Contrescarpe (5e arrondissement) à Paris.

Depuis la révélation de l’affaire par Le Monde, le 18 juillet dernier, déclarations et dévoilements compromettants pour le gouvernement pleuvent. De la reconstitution du déroulé de l’intervention du 1er mai, jusqu’à l’ascension fulgurante du jeune homme, rien n’est laissé au hasard.

Alexandre Benalla aurait accompli son devoir de citoyen

Selon ses avocats, Mes Laurent-Franck Lienard et Audrey Gadot, Alexande Benalla « […] n’avait pas vocation à intervenir personnellement sur ces opérations. », mais aurait « pris l’initiative » de réagir aux « agissements de deux individus particulièrement virulents », constatant « l’apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place. ». C’est en effet l’argument invoqué par leur client, qui titulaire d’un Master de droit, s’est défendu en évoquant l’article 73 du code de procédure pénale qui stipule que ” dans le cas de crime ou de délit flagrant, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche “. C’est donc ce qu’estime avoir fait Alexandre Benalla au cours de cette fameuse journée de manifestations.

Une intervention “sans violence”

Ses avocats ont qualifié l’intervention de l’ex-collaborateur du Président comme « vigoureuse mais menée sans violence » à l’égard des deux jeunes rue de la Contrescarpe. Sur les vidéos tournées ce jour-là par les témoins et diffusées par plusieurs médias, on voit Alexandre Benalla entraîner une jeune femme de manière virulente, pour l’emmener près des forces de polices et s’en prendre violemment à celui qui l’accompagnait. Des actes violents et peu cohérents, alors qu’aucun des interpellés ne fait preuve d’hostilité au moment de l’intervention.

Face à la défense adoptée par Alexandre Benalla, le témoignage des deux plaignants, transmis par leur avocat Maître Sahand Saber, contredit plusieurs détails de la version selon laquelle la réaction de Benalla aurait été proportionnelle à la « menace » pour les forces de l’ordre, que représentaient les deux personnes malmenées.

Les deux plaignants étaient venus “prendre un verre”

Bien que l’avocat affirme que ses clients « […] ne veulent surtout pas être embarqués par le tumulte médiatique et politique […] » et qu’ils réservent leurs premières déclarations au juge d’instruction, il a accepté de faire part au Monde des circonstances de leur rencontre musclée avec Benalla. A la fin des manifestations étudiantes auxquelles ni l’un ni l’autre n’a pris part, les deux jeunes actifs et proches de la trentaine se sont rendus place de la Contrescarpe pour « prendre un verre » vers 18 heures. Le Comité d’action inter-lycéen et l’UNEF avaient invité ceux qui le souhaitaient à clore cette journée en partageant « un apéro » de manière conviviale.

C’étaient des badauds, des passants qui venaient prendre un verre et assister à une manifestation […] Ils voulaient voir à quoi ressemblait une charge de CRS. Mais la charge de CRS est tombée sur eux.

A expliqué Me Saber, indiquant que leur confrontation aux forces de police présente dans le quartier ce soir-là serait due à « une réaction sanguine, irréfléchie » de la part de ses clients.

Une provocation “irréfléchie” suivie de coups

L’un aurait lancé une « carafe d’eau » en voyant les CRS sur la place tandis que sa compagne l’imitait, jetant un projectile dans leur direction avant de leur adresser « un bras d’honneur ». La suite des événements est connue, la faction de CRS ayant « chargé » le couple avant qu’Alexandre Benalla ne fonde sur eux. D’après Naguib-Michel Sidhom, un photographe ancien collaborateur du Monde et de l’AFP qui a livré son récit de la scène à Francetvinfo, les jeunes gens auraient adopté une attitude de « résistance passive » à l’égard des forces de l’ordre. Il affirme également que « L’ambiance sur la place était très bon enfant, très calme, très pacifique. ».

Alexandre Benalla a reconnu avoir “pété les plombs” mais défend le gouvernement

Par ailleurs, Alexandre Benalla aurait confié en privé, peu avant la révélation de l’affaire, à d’un haut fonctionnaire avoir « pété les plombs », comme l’a révélé une relation contactée par le JDD. Il a infligé au jeune homme « des coups au thorax et à la tête » et se réfugie derrière le fait que « […] les CRS en prenaient plein la gueule […] » pour justifier ses actes.

D’après l’ex-collaborateur du Président, ces actions porteraient aujourd’hui « atteinte à la Présidence de la République dans des conditions qui défient l’entendement. ».

Une information judiciaire va être ouverte à son encontre pour “violence en réunion“, “usurpation de fonctions” et “complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection“. Les deux plaignants se constituent partie civile.

Publié le mardi 24 juillet 2018 à 14:30, modifications lundi 30 juillet 2018 à 13:22

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