Politique

Solférino, le siège historique du Parti socialiste, à vendre

Trente-six ans après son installation rue de Solférino, à Paris, le Parti socialiste a décidé de vendre son siège pour « investir dans l’action ».

Après 37 années passées au 10, rue de Solférino, le Parti socialiste a fait le choix de mettre en vente ce siège historique.

En effet, cette « décision de principe » a été prise en bureau politique mardi 19 septembre. En outre, elle a été annoncée par Jean-François Debat, le trésorier national.

Renflouer les caisses

Celui-ci a expliqué que pour des « raisons financières et symboliques », le parti avait dû prendre cette décision, notamment en raison de sa déroute électorale.

En faisant ce choix, le PS prend la décision de consacrer à l’avenir la partie la plus importante de son budget à son action politique. Et non pas à se maintenir à Solférino.

Ainsi, après les défaites à l’élection présidentielle, puis aux législatives, le budget du Parti socialiste est en berne. Il est passé de 28 à 8 millions d’euros par an pour la mandature en cours.

Une enveloppe qui permettait entre autres de rémunérer quelque 120 salariés dont le sort se trouve hypothéqué. Car les socialistes viennent de perdre 90% de leurs députés. Et les 18 millions d’euros par an de subventions publiques. Dans le même temps, si une plateforme va être créée en ligne, pour démobiliser les adhérents, les militants sont également en fuite.

Or, si la vente des 3.000 mètres carrés dans le très chic septième arrondissement de Paris, devrait rapporter plus ou moins 50 millions d’euros selon les estimations, ce montant ne devrait pourtant pas suffire. En effet, un plan de licenciement pour une partie des 120 permanents est aussi envisagé.

Un lieu de symboles

Solférino, comme on l’appelle généralement a pourtant été le témoin de toutes les batailles socialistes. En effet, acheté en 1980, au moment de la campagne de François Mitterrand, c’est ici que le président sortant a fait ses adieux à la politique deux septennats plus tard. François Hollande en a fait de même en 2017.

Entretemps, l’immeuble de la rue de Solférino a connu plusieurs premiers secrétaires qui ont accédé au poste de Premier ministre. A l’image de Lionel Jospin, Pierre Mauroy, Laurent Fabius ou encore Michel Rocard.

À toutes ces figures historiques il faut ajouter les nombreux ministres y ayant fait escale. Comme Martine Aubry ou encore Ségolène Royal, la candidate malheureuse aux élections présidentielles de 2007.Entre ces deux moments, d’importantes scènes majeures se sont jouées à Solférino. De la défaite joyeuse de Ségolène Royal, à la poignée de main forcée des frères ennemis de la dernière primaire.

Ne pas vendre à n’importe qui

Par ailleurs, Jean-François Debat a tenu à préciser que la « convention de vente » des lieux inclurait la possibilité de « ne pas choisir l’offre la plus avantageuse économiquement ».

En effet, si le Parti socialiste veut avant tout déménager pour des raisons financières et symboliques, il n’est pas pour autant prêt à transmettre son patrimoine n’importe comment. Et surtout à n’importe qui. En clair, les valeurs de l’acheteur seront prises en considération.

Et Jean-François Debat d’ajouter qu’un éventuel dossier déposé par le Front national ne serait par exemple pas retenu.

Publié le jeudi 21 septembre 2017 à 12:35, modifications jeudi 21 septembre 2017 à 12:35

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !