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Plus de 160 macaques de Java ont été euthanasiés dans les Landes…

La raison de cette euthanasie massive reste floue

De nombreux macaques de Java ont été euthanasiés, et les raisons sont floues et douteuses… Retour sur cette affaire qui secoue les amis les animaux…

Le triste sort réservé aux macaques de Java est malheureusement passé sous silence. Peu de monde en parle, et c’est pourtant une réalité qu’il faut absolument connaître. Et qui risque de faire bondir ceux qui aiment les animaux !

En effet, 163 macaques de Java, qui vivaient dans le parc animalier de la Pinède à Labenne, dans les Landes, ont été euthanasiés le 18 mai 2017. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que plusieurs d’entre eux étaient porteurs sains du virus de l’Herpès B. Il faut savoir que ce virus est mortel pour l’homme.

Du coup, on comprend la décision d’avoir euthanasié ces singes. Mais en réalité, il se cache un lourd secret derrière cette euthanasie massive. Il semble bel et bien qu’il y ait des motifs économiques qui justifient ces euthanasies. Alors que faut-il croire ? Pourquoi tous ces singes ont-ils été tués ? Faisons un point sur la situation…

Un virus mortel pour l’homme

L’Herpès B est un virus potentiellement mortel pour l’homme. Il est donc très dangereux pour nous, et il semble logique d’abattre les animaux qui en sont porteurs, et qui pourraient donc éventuellement nous le transmettre. Cependant, la prévalence de ce virus parmi les macaques de Java dans les zoos du monde entier est très forte. Et aucune transmission du singe à l’homme n’a jamais été constatée !

Les seuls transmissions observées ont été réalisées en laboratoire. Alors c’est un peu bizarre d’avoir abattu ces 163 singes, alors que le risque est quasi inexistant. C’est certes un principe de précaution, mais il est absurde dans le cas présent. Car il faudrait alors éradiquer la totalité des espères qui peuvent présenter un risque. Et ce, à l’échelle de la Planète !

On comprend donc qu’il y a un petit point noir dans toute cette histoire. Et plusieurs associations de protection animale pointent du doigt l’affaire des macaques de Java dans les Landes.

Un parc à l’abandon

Il faut savoir que le parc animalier de La Pinède a été très réputé pendant de nombreuses années. Les touristes venaient observer les macaques de Java, qui évoluaient en liberté, dans une forêt de six hectares. Les singes étaient heureux, et en quasi-totale liberté. D’ailleurs, aucun animal n’a jamais été malade. Et les macaques de Java étaient déjà porteurs du virus de l’herpès B, comme la plupart des macaques d’ailleurs.

Mais peu à peu, le parc zoologique a connu des soucis d’ordre financier. Les propriétaires du parc ont alors eu du mal à entretenir les installations, qui se sont délabrées au fil des ans. Et malheureusement, après plusieurs procédures administratives, le parc animalier a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Dax. C’était en avril 2016. On commence à comprendre qu’il fallait impérativement trouver une solution pour les animaux…

Un zoo voisin pour s’occuper des singes

Près du parc animalier se trouvait un zoo. Ce dernier a été chargé de s’occuper des macaques de Java. Mais la charge de travail était lourde, et compliquée. Du coup, les vétérinaires du département ont commencé à pointer du doigt le problème du virus Herpès B. Ils ont expliqué que les soigneurs pouvaient courir certains risques en s’occupant des singes.

La Préfecture, alertée, a décidé de faire pratiquer des analyses sanguines sur les macaques de Java. Comme ces analyses coûtaient très chères, sept singes seulement ont été analysés. Et au bout d’un mois, les résultats sont tombés. Sans appel. Les macaques étaient positifs au virus.

Les résultats ont donc été communiqués au service préfectoraux. Ces derniers ont tout de même demandé une confirmation des tests sanguins, et c’est un laboratoire américain qui s’en est chargé. Le résultat est sans appel puisque 115 macaques sont positifs, 24 sont douteux et 17 sont négatifs. La situation s’avère donc compliquée à gérer…

Une décision radicale

La DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) saisit alors l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail) pour prendre une décision concernant ces macaques de Java. La décision tombe le 12 avril 2017. Dans cet avis officiel, on confirme que dans le monde, on dénombre seulement 50 cas de transmission d’un virus Herpès B à l’homme, et que c’est uniquement en laboratoire. Ces cas ont été observés aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Mais ils n’ont jamais été vus dans un parc zoologique, ni dans le milieu naturel des singes, c’est-à-dire dans les forêts asiatiques.  Il faut savoir qu’en Asie, 80 % de ces macaques sont porteurs de ce virus et qu’il n’y a jamais eu aucun cas recensé au monde de transmission à l’homme de l’herpès B, après des morsures, pourtant fréquentes.

Ce qu’il faut donc en déduire, c’est que l’homme est très peu réceptif à ce virus, et que les macaques de Java évoluant en liberté ou en captivité (hors laboratoire), ne présentent aucun risque pour l’être humain. Dans cet avis, on ne lit à aucun moment que l’Anses recommande l’euthanasie des animaux. Et pourtant…

Pourtant, l’euthanasie est demandée par la Préfecture. Elle est même carrément ordonnée. Et tous les macaques de Java des Landes ont été euthanasiés le 18 mai 2017.

Deux survivants

On ne comprend donc pas très bien pourquoi il a fallu pratiquer cette euthanasie massive, et quelles sont les raisons qui justifient réellement ce choix… La Préfecture a pris une décision radicale, et certains affirment qu’elle a tout simplement voulu favoriser des intérêts économiques. Certains acteurs locaux auraient en effet l’intention d’ouvrir un parc animalier à proximité de cet ancien parc… bref, plusieurs théories circulent…

Toujours est-il que les 163 macaques de Java ont été euthanasiés. En réalité, on parle de 161, puisque deux singes ont échappé au massacre et viennent tout juste d’être retrouvés. Les associations de protection des animaux sont montés au créneau pour leur éviter l’euthanasie. La Préfecture a alors demandé des analyses de sang, afin de faire connaître le sort qui sera réservé aux animaux. La Fondation Brigitte Bardot espère notamment pouvoir les faire adopter rapidement, et aurait reçu une proposition de la part d’une structure adaptée, en Mayenne.

Cette histoire mérite d’être tirée au clair, car ces singes n’étaient a priori pas dangereux pour l’homme. Alors pourquoi ont-ils été euthanasiés ? Une question sans réponse pour l’instant…

Publié le mardi 20 juin 2017 à 13:03, modifications mardi 4 juillet 2017 à 11:16

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