Actualité

Pour piéger les fraudeurs, la SNCF fait intervenir des contrôleurs en civil

Pour lutter contre la fraude, la SNCF met en place de nombreuses actions. La dernière en date, le déploiement de contrôleurs en civils dans les trains en Ile-de-France.

Après qu’un contrôleur ait demandé sa carte d’handicapé à Philippe Croizon, amputé des 4 membres, la SNCF va une nouvelle fois être au cœur des discutions…

366 millions de manque à gagner

Depuis plusieurs années, la SNCF lutte contre la fraude. En effet, de nombreux stratagèmes sont mis en place par l’entreprise pour contrôler les voyageurs. Augmentation de portillons de sécurité, augmentation du nombre de contrôleurs ou création de campagnes de communication dissuasives… Tout est fait pour dissuader les fraudeurs. Le prix de l’amende a lui aussi augmenté en 2015 passant de 35 à 50 euros (en plus du prix du billet) pour un trajet de moins de 150 km. Par ailleurs, en cas de retard de paiement, la facture peut désormais être majorée jusqu’à 375 euros. De 2016 et 2019, la SNCF a investi 49 millions d’euros pour lutter contre le phénomène.

Un affichage pour inciter les voyageurs à valider systématiquement leurs pass Navigo a aussi été mis en place dans les gares. Il indique qu’à chaque validation, un arbre est planté. Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien affirme :

On ne ment pas, on a planté autant d’arbres que ce qui a été écrit

La justice s’est aussi rangée du côté de la compagnie. Avec la loi Savary, promulguée le 22 mars 2016, le fraudeur doit systématiquement prouver son identité. La loi prévoit notamment «la création d’un délit passible de deux mois d’emprisonnement et 3750 euros d’amende pour incitation à la fraude ou à l’incivilité».

Selon la Cour des comptes, la fraude représente environ 366 millions d’euros de manque à gagner pour la société en 2013. Aujourd’hui, la SNCF tente une toute nouvelle expérimentation anti-fraude.

Des contrôleurs en civils aident au rabattage

Alors qu’un voyageur a fait semblant d’être mort pour éviter de se faire contrôler, son stratagème ne fonctionnera plus avec les contrôleurs en civils. La SNCF précise :

L’objectif est de programmer des équipes mixtes civil / tenue commerciale, permettant ainsi de lutter efficacement contre la fuite des fraudeurs face aux contrôleurs

Le principe est le suivant. Quelques contrôleurs vêtus de leur uniforme se placent à un bout de la rame, les contrôleurs en civils à l’autre bout. Les fraudeurs qui souhaitent ainsi éviter les contrôleurs normaux en changeant de wagon vont donc se retrouver nez à nez avec d’autres contrôleurs… en civil. Pour le moment, selon le Figaro, ce test est exclusivement réservé à l’Ile-de-France, sur la région Paris-Est et Paris-Nord (RER B, RER D, lignes H et K), mais il est en cours de déploiement sur d’autres régions pour la fin de l’année.

L’objectif est de passer de 9,5 millions d’euros de recettes annexes (recettes réalisées dans le cadre des régularisations des situations de fraude) en 2015 à 19 millions d’euros en 2019, soit un doublement sur la période

ajoute la SNCF

Selon le quotidien, sur les trois millions d’usagers quotidiens en Île-de-France, le taux de fraude est de 8,4%, soit 250.000 usagers. Pour autant, ce chiffre est en baisse. En 2016, le taux de validation des tickets sur le réseau Transilien a augmenté de 9%, encourageant la SNCF à poursuivre ses efforts.

Publié le lundi 2 octobre 2017 à 11:50, modifications lundi 2 octobre 2017 à 12:14

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

1 Commentaire