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Philippe s’explique sur la rentrée avant son duel avec Wauquiez

Édouard Philippe et le président de LR Laurent Wauquiez se retrouvent jeudi soir pour un face-à-face des droites, point d’orgue de “l’Émission politique” durant laquelle le Premier ministre est revenu sur les dossiers chauds de la rentrée difficile pour l’exécutif.

Le chef du gouvernement, qui s’était déjà frotté à la longue émission du service public il y a un an – avec un débat face à Jean-Luc Mélenchon – a retrouvé le fauteuil de l’invité dans un contexte moins favorable que l’an dernier.

Démission de Nicolas Hulot, suites de l’affaire Benalla, annonce de départ anticipé et critiques à peine voilées de Gérard Collomb, polémiques sur les petites phrases du président Macron, flottements sur le prélèvement à la source, inquiétudes sur la croissance, grogne des retraités…

“Je sais d’expérience et de conviction qu’on peut toujours mieux expliquer, qu’on peut toujours redonner du sens”, a-t-il dit.

“Lorsqu’on mène des réformes qui transforment profondément le pays, et qui sont parfois difficiles à réaliser, on peut toujours être confronté à une première phase d’incrédulité, voire de désapprobation (…) Il faut essayer d’y répondre, mais il faut aussi avancer”, a plaidé le chef du gouvernement.

L’exécutif a tenté de reprendre la main ces dernières semaines, en parlant du fond des réformes, mais chaque séquence ou presque s’est retrouvée parasitée par des imprévus – en dernier lieu l’annonce par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb qu’il quitterait le gouvernement au printemps prochain, afin de se consacrer à la reconquête de la mairie de Lyon en 2020.

Gérard Collomb “n’est pas candidat aujourd’hui, il est pleinement à sa tâche”, a insisté jeudi soir le Premier ministre. Ce dernier a par ailleurs souhaité “bonne chance” à l’ex-locataire de Matignon Manuel Valls, lancé dans une inédite candidature à la mairie de Barcelone.

Dans la première partie de l’émission, le chef du gouvernement a balayé les sujets d’actualité.

Principale annonce sur le volet social: la dégressivité des allocations chômage peut être “envisagée” dans “certains cas”, a déclaré le Premier ministre. Alors que le gouvernement prépare une réforme de l’assurance-chômage, il a notamment mentionné les “salaires très élevés” et les personnes à “très forte employabilité”.

Sur l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, “on peut y aller”, a-t-il dit, se disant “à titre personnel (…) plutôt favorable” à quelques mois du débat parlementaire sur cette question sociétale qui divise.

L’objectif de l’émission, selon Matignon, était de “poser le jeu, d’arrêter cette musique politicienne, et de parler des sujets des Français. Il faut qu’on reprenne le fil du récit du président de la République”.

“le jour et la nuit”

Laurent Wauquiez, leader des Républicains, le 20 septembre 2018 à Divonne-les-Bains

(credit photo AFP/Archives) Laurent Wauquiez, leader des Républicains, le 20 septembre 2018 à Divonne-les-Bains

Edouard Philippe s’est activement préparé depuis dimanche, selon son entourage, avec plusieurs réunions-répétitions. Laurent Wauquiez s’est lui préparé “comme d’habitude” pour ce débat inédit entre les deux hommes, jurent ses proches.

“Ce ne sera pas facile, tout le monde connaît les talents de Laurent Wauquiez et sait qu’il est dur en débat”, estime un conseiller gouvernemental.

Le duel apparaît surtout fondamentalement comme celui de deux droites. Celle plus modérée de M. Philippe qui, au ban de LR sans en avoir été formellement exclu, n’a adhéré ni à LREM, ni à Agir, ce parti d’ex-LR pro-Macron. Et celle, dure, de M. Wauquiez, qui se veut le héraut d’une droite populaire dont Edouard Philippe et ses amis seraient déconnectés.

Quand le Premier ministre continue à oeuvrer en coulisses pour tenter de sceller des alliances entre LREM et des maires LR de centre-droit aux municipales de 2020, Laurent Wauquiez cherche lui à rassembler à nouveau la droite sous son drapeau anti-Macron.

Les profondes divergences politiques se doublent d’une distance personnelle entre deux énarques talentueux dont le plus jeune de quatre ans – Laurent Wauquiez (43 ans) – a plus tôt pris la lumière.

“C’est le jour et la nuit, il sont très différents. Ils ont fait tous les choix différents. Philippe a pris les chemins de traverse, est longtemps resté dans l’ombre de Juppé, Wauquiez c’était un premier de la classe, un séducteur”, résume un ami du locataire de Matignon.

Publié le jeudi 27 septembre 2018 à 22:40, modifications jeudi 27 septembre 2018 à 22:40

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