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Paris : L’église Sainte-Rita évacuée malgré la mobilisation de résistants et élus

L’église Sainte-Rita a été évacuée ce matin par les forces de l’ordre. Une évacuation qui a provoqué de vives réactions.

Mercredi 3 août, au matin, de nombreux habitants et élus se sont réunis pour protester contre l’expulsion de fidèles d’une église rachetée. L’église située au 27 rue François Bovin à Paris a vu une vingtaine de personnes se rassembler dès le matin pour se préparer au front. Parmi elles, il y a Nicolas Stoquer, le président délégué de l’association des Arches de Sainte-Rita. Également présents, quatre autres élus ainsi que des fidèles et des habitants du quartier.

En octobre dernier, cette église devait être détruite pour construire à la place un parking et des logements sociaux. Le propriétaire du bâtiment cherchait à s’en séparer. Pour empêcher la vente, le lieu de culte avait été loué par l’Eglise catholique gallicane de Paris. Des militants du Mouvement du 14 juillet ont rejoint la liste de défenseurs de cette Eglise. La mobilisation du mouvement a empêché le processus de destruction.

En janvier, le tribunal de Paris a donné son accord pour l’expulsion de ces occupants. En mai, c’est le juge des référés qui a ordonné au préfet de police de Paris d’apporter son aide. Ce mercredi 3 août, aux alentours de 6h40, trois messes ont été célébrées et environ une cinquantaine de personnes se sont barricadées. Un habitant du quartier est venu avec ses amis, défendre l’Eglise.

C’est une question de patrimoine ! On ne peut pas raser cette Eglise. Elle a permis le croisement des générations dans ce quartier, et l’instauration d’une certaine ferveur, dans un quartier où personne ne se parle. Vraiment, les Parisiens ont beaucoup à y perdre, s’ils perdent Sainte-Rita. Il faut maintenir les lieux de vie, il ne faut pas les détruire. C’est dommage d’en arriver là.

10 minutes plus tard, environ vingt policiers ont encerclé le groupe. Nicolas Stoquer, le président délégué de l’association des Arches de Sainte-Rita, a assisté aux confrontations.

J’ai eu une intuition, le mois dernier. Je savais qu’ils enverraient les forces de l’ordre, que ce n’était pas qu’une question de temps. Quoi qu’après Saint-Etienne-du-Rouvray, je me suis dit qu’ils n’oseraient pas, que ce n’était pas possible. Que l’urgence était ailleurs. Mais non, visiblement ils préfèrent gaspiller de cette façon des hommes et des moyens dans un pays en guerre plutôt que d’intervenir là où il faut.

D’autres personnes son arrivés rapidement pour faire bloc à la police.

On est au pays des libertés ! Allez dans les banlieues ! Là-bas, il y a vraiment du boulot !

Le début de l’expulsion a commencé avec des cris et des larmes. Une femme, expulsée, fond en larmes.

C’est d’une brutalité inimaginable ! Une femme a été traînée sous mes yeux…

Oumil, un garagiste, a assisté de loin à la scène.

Je suis 100% d’accord avec cette expulsion, bon débarras ! Il n’y a plus rien dans cette Eglise, elle n’est presque plus active, il fallait qu’elle soit vidée et que la police fasse son boulot. Et puis, elle a été vendue !

Vers 8h30, toute l’Eglise a été évacuée de tous ses occupants. Le dernier sorti est l’abbé Guillaume de Tanouarn,qui aura résisté jusqu’à la fin. Depuis ce matin, les réseaux sociaux et les élus politiques sont en ébullition face à une telle brutalité.

Publié le mercredi 3 août 2016 à 16:31, modifications mercredi 3 août 2016 à 16:21

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