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Pakistan: deux policiers tués dans une attaque contre le consulat chinois à Karachi

Deux policiers ont été tués vendredi alors qu’ils empêchaient des hommes armés de prendre d’assaut le consulat de Chine à Karachi, la plus grande ville du Pakistan, dans un attentat revendiqué par un groupe séparatiste qui qualifie Pékin d”oppresseur”.

Les forces de sécurité ont sécurisé la zone et abattu les assaillants, ont annoncé deux ministres pakistanais, après une nouvelle attaque contre les intérêts au Pakistan de la Chine, qui y investit des dizaines de milliards de dollars.

“Tous les terroristes ont été éliminés” lors d’une opération “fructueuse” des forces de sécurité, a affirmé le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi à la presse à Islamabad.

“Les terroristes ont été incapables de prendre des employés (du consulat) en otage ou de tuer le moindre d’entre eux”, a-t-il poursuivi, ajoutant que la zone avait été “entièrement sécurisée”.

“Les trois terroristes ont été tués”, s’est de son côté réjoui le ministre pakistanais de l’Information, Fawad Chauhdry. “La situation est sous contrôle”, a-t-il poursuivi.

L’attaque a démarré vers 9H30 (4H30 GMT) quand un groupe d’hommes armés a tenté d’entrer dans le consulat chinois, a déclaré à l’AFP Javaid Alam Odho, un officier de la police pakistanaise.

Des photos et vidéos sur les réseaux sociaux montraient des nuages de fumée s’élever de la zone.

Un “échange de tirs avec les assaillants a tué deux policiers et en a blessé sérieusement un troisième”, a-t-il raconté, ajoutant qu’un des assaillants portait une veste-suicide, qui n’a pas explosé.

Seemi Jamali, un médecin à l’hôpital Jinnah, a confirmé que “deux cadavres et une personne dans un état critique” avaient été transférés dans son établissement.

L’attaque a été revendiquée par un mouvement séparatiste, l’Armée de libération du Baloutchistan (ALB), une province instable du sud-ouest du Pakistan.

“Nous avons mené l’attaque et notre action se poursuit”, a déclaré Geand Baloch, un porte-parole de l’ALB, par téléphone. Une photo publiée par ce groupe sur Twitter montre trois hommes présentés comme les auteurs de l’assaut, devant un drapeau baloutche.

Mer d’Arabie

Les forces armées pakistanaises se tiennent devant le consulat chinois de Karachi, le 23 novembre 2018

(credit photo AFP) Les forces armées pakistanaises se tiennent devant le consulat chinois de Karachi, le 23 novembre 2018

“Nous voyons les Chinois comme des oppresseurs, tout comme les forces pakistanaises”, car ces deux groupes “détruisent le futur du Pakistan”, a-t-il lancé.

L’ALB est un des groupes opérant au Baloutchistan, une province à la fois le théâtre d’attentats de groupes islamistes armés mais aussi d’attaques par des rebelles locaux plaidant pour l’autonomie, sinon l’indépendance, de leur région.

La Baloutchistan est la plus vaste, mais aussi la plus pauvre des quatre provinces du Pakistan, malgré ses importants gisements gaziers et miniers.

La Chine, un des plus proches alliés du Pakistan, a investi des dizaines de milliards de dollars dans le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), qui vise à relier sa province occidentale du Xinjiang au port de Gwadar, au Baloutchistan.

De nombreuses infrastructures, autoroutes, centrales électriques ou encore hôpitaux, doivent être construites dans ce cadre. Le CPEC donnera aux produits chinois un accès direct à la mer d’Arabie.

Pour le Pakistan, ce projet représente un défi énorme, notamment sécuritaire, des groupes armés sévissant dans plusieurs provinces qu’il traverse, tout particulièrement le Baloutchistan.

En août, trois Chinois faisaient partie des six blessés d’un attentat-suicide contre un bus transportant des ingénieurs actifs dans un projet minier au Baloutchistan. L’attaque avait déjà été revendiquée par l’ALB.

Si Pékin dit faire confiance à la puissante armée pakistanaise pour sécuriser son territoire – quand celle-ci est accusée de violations des droits de l’Homme au Baloutchistan -, Islamabad accuse régulièrement son voisin indien de financer et d’armer les séparatistes baloutches pour lui nuire.

Karachi, centre financier et plus grande ville du Pakistan avec plus de 15 millions d’habitants, a connu des années de violences politiques, sectaires ou ethniques perpétrées par des groupes armés ou des criminels.

La situation sécuritaire s’est largement améliorée à Karachi, comme dans le reste du Pakistan, même si quelques attaques s’y déroulent encore.

Publié le vendredi 23 novembre 2018 à 8:40, modifications vendredi 23 novembre 2018 à 8:40

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