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Nice : Un agriculteur devant la justice pour avoir hébergé des migrants

Son geste a fait des émules...

Ce mercredi s’ouvre à Nice le procès de Cédric Herrou, un agriculteur ayant hébergé des centaines de clandestins sur ses terres. Précurseur dans son village, l’homme entend bien se défendre en évoquant notamment l’immunité humanitaire. Il risque néanmoins 5 ans de prison ferme et 30.000 euros d’amende.

Voilà plusieurs mois que Cédric Herrou, un agriculteur vivant à Breil-sur-Roya, sur les hauteurs de Menton, dans les Alpes-Maritimes, vient en aide aux réfugiés. La solution trouvée par le bienveillant ? Accueillir plusieurs dizaines de migrants sur ses terres. Pour ce faire, le bon samaritain a disposé quelques caravanes, des tentes et des cabanes dans son jardin. L’assurance d’un accueil de qualité pour ces qui fuient actuellement leur pays.

Devant un tel élan de solidarité, d’autres habitants de la commune n’ont pas tardé à faire de même. Une situation à laquelle s’est intéressée la justice, qui convoque désormais l’agriculteur devant le tribunal de Nice

L’IMMUNITÉ HUMANITAIRE ÉVOQUÉE

Ainsi s’ouvre ce mercredi 4 janvier le procès de Cédric Herrou. Le chef d’accusation ? Aide à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière. Risquant 5 ans de prison ferme et 30.000 euros d’amende, l’homme compte bien se voir relaxer. Et pour ce faire, ce dernier à d’ores et déjà annoncé qu’il allait plaider pour l’immunité humanitaire.

Le 13 août dernier, Cédric Herrou était arrêté pour avoir transporté des migrants dans son véhicule. Convoqué devant le tribunal quelques semaines plus tard, ce dernier avait été relaxé. Relayée à travers plusieurs médias locaux, l’histoire de cet agriculteur à fini par faire tache d’huile. Et pour cause, depuis quelques mois, plusieurs habitants du village ont à leur tour commencé à accueillir des migrants

UN ACTE DE SOLIDARITÉ ET DE LIBERTÉ

En effet, selon RMC, qui s’est rendu sur place, nombreux sont ceux qui se sont pris d’affection pour les réfugiés. Parmi eux, Sylvain, qui affirme sans détour :

Petit à petit tout le monde s’est trouvé confronté à cette situation. Certains ont essayer de résister pendant quelque temps mais ils ont fini par craquer : ils ne pouvaient pas rester indifférents à ce qui se passait. Donc cette solidarité a augmenté au fur et à mesure que les difficultés augmentaient pour ces réfugiés.

Du côté des migrants, on apprécie l’accueil qui leur est réservé, comme le confie un jeune tchadien aux journalistes :

Les gens fuient Vintimille pour venir ici. Mon ami m’avait dit qu’il y avait un lieu d’accueil, un lieu super. On a marché longtemps pour venir ici et on a trouvé de la solidarité et de la liberté.

Interrogé à son tour, Cédric Herrou atteste pour sa part :

Le département des Alpes-Maritimes a refusé d’ouvrir un centre. Il y en a, mais c’est chez l’habitant. Notre rôle ici c’est de les soigner, de les nourrir et de les orienter. Il faut bien que quelqu’un le fasse puisque le service public ne le veut pas.

Il y a quelques semaines, une vaste opération de démantèlement de la « jungle » de Calais était entreprise par les autorités françaises. La plupart des réfugiés ont été relocalisés dans des centres d’accueil un peu partout en France.

Publié le mercredi 4 janvier 2017 à 15:22, modifications mercredi 4 janvier 2017 à 15:08

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