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Netanyahu semble avoir sauvé son gouvernement, au moins pour le moment

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu semble avoir sauvé pour le moment le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, même avec une majorité minimale, un ministre clé ayant annoncé lundi qu’il n’exigeait plus le portefeuille de la Défense pour rester.

Le parti nationaliste religieux Foyer juif conditionnait son maintien dans la coalition à l’attribution de ce portefeuille très convoité et disponible depuis la démission de son précédent détenteur la semaine dernière.

Depuis lors, les commentateurs ne donnaient plus cher du gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ils anticipaient une conférence de presse, prévue lundi matin, du chef du Foyer juif, le ministre de l’Education Naftali Bennett, et de la ministre de la Justice Ayelet Shaked, comme devant en sceller le sort.

Dans un spectaculaire revirement, M. Bennett est revenu sur l’ultimatum lancé la semaine passée à M. Netanyahu.

M. Bennett a indiqué avoir entendu le Premier ministre promettre la veille aux Israéliens dans une intervention télévisée “qu’il changerait de cap”.

“Si le Premier ministre est sérieux dans ses intentions – et je veux croire les paroles que j’ai entendues de sa bouche hier soir – nous mettons de côté toutes nos exigences politiques pour le moment, et nous vous aiderons dans la mission immense qui consiste à ce qu’Israël gagne à nouveau”, a dit M. Bennett.

Le gouvernement est plongé dans la crise depuis que l’ultranationaliste Avigdor Lieberman a claqué la porte de la Défense mercredi dernier, à la suite d’un cessez-le-feu conclu la veille avec les groupes palestiniens de la bande de Gaza.

La démission M. Lieberman, qui a dénoncé ce cessez-le-feu comme une “capitulation devant le terrorisme”, laisse M. Netanyahu avec une majorité parlementaire d’une voix, à la merci des défections et des chantages.

M. Netanyahu a cependant refusé de nommer M. Bennett à la Défense, et a décidé d’exercer au moins pour le moment ces fonctions, en plus de celles de Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Santé.

“Irresponsable”

Il aurait fallu à M. Netanyahu surmonter beaucoup de réticence pour offrir le marchepied potentiel de la Défense à un homme qui ne dissimule pas ses ambitions et auquel il voue une aversion notoire.

Le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett (G) et la ministre israélienne de la Justice Ayelet Shaked (D) devant le Parlement à Jerusalem le 19 novembre 2018

(credit photo AFP) Le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett (G) et la ministre israélienne de la Justice Ayelet Shaked (D) devant le Parlement à Jerusalem le 19 novembre 2018

Par ailleurs, un autre pilier de la coalition, le ministre des Finances de centre droit, Moshe Kahlon, s’opposait à la nomination de M. Bennett à la Défense. Il appelait à des élections le plus vite possible.

L’apparente impasse semblait rendre inéluctables des élections anticipées. Mais M. Netanyahu résiste à ce scénario, un classique en Israël où aucune législature n’est allée à son terme depuis des décennies.

L’échéance des prochaines législatives est normalement fixée à novembre 2019, mais depuis des mois flotte dans l’air un parfum d’élections anticipées, savamment entretenu jusqu’à récemment par M. Netanyahu lui-même avant qu’il ne semble se raviser.

M. Netanyahu a l’autorité de dissoudre le Parlement, auquel cas les Israéliens doivent être appelés aux urnes sous 90 jours.

Mais, dimanche soir, il déclarait “irresponsable” de dissoudre la coalition, en invoquant des menaces pressantes auxquelles ferait face son pays “Nous sommes dans l’une des situations sécuritaires les plus complexes”, a-t-il dit.

Son intervention télévisée avait tout du discours de campagne, relevaient les commentateurs.

En fait, continuent-ils à s’accorder, M. Netanyahu cherche à mettre le plus de distance possible entre les évènements de la semaine passée dans la bande de Gaza et des élections anticipées.

Le cessez-le-feu avec les groupes palestiniens semble avoir écorné son image de meilleur garant de la sécurité d’Israël, en particulier auprès des habitants de la périphérie de l’enclave palestinienne sous blocus, chez lesquels se comptent de nombreux électeurs du Likoud, son parti, et qui en veulent au gouvernement de les laisser à la merci des prochaines salves palestiniennes.

Publié le lundi 19 novembre 2018 à 11:10, modifications lundi 19 novembre 2018 à 11:10

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