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Najat Vallaud-Belkacem veut interdire les Pokémon rares à l’école

De retour dans deux jours à l’école, les élèves pourront-ils laisser leur chasse aux Pokémon dans leurs cartables ? La ministre de l’Education semble en douter, alors elle a demandé un rendez-vous avec le développeur du jeu pour ne pas autoriser les Pokémon rares à passer les enceintes des établissements.

C’était la parenthèse insolite de l’habituelle conférence de presse de rentrée ce lundi 29 août. Interpellée sur le sujet par un journaliste, Najat Vallaud-Belkacem s’est montrée un peu gênée :

Je vais être la risée des réseaux sociaux, je le sais bien.

Cependant, la ministre de l’éducation nationale a reconnu avoir demandé un rendez-vous à Niantic, la société qui développe et édite Pokémon Go, le jeu à succès de l’été. Elle entend leur demander qu’il n’y ait pas de Pokémon rares dans les établissements scolaires.

Les responsables du ministère craignent en effet que les Pokémon rares attirent «beaucoup de gens, et au-delà des élèves» dans les établissements scolaires. Ce peut poser «des problèmes de sécurité» compte tenu de «l’engouement autour du jeu» et des quelques 150 sortes de petites bêtes virtuelles se cachent partout dans le monde réel.

Alors que partir à la chasse d’un «Roucool», sorte de petit oiseau dodu, ne suscite guère d’enthousiasme pour les joueurs parce que cette créature virtuelle est très répandue, au contraire, la rareté d’un «rhinocorne», petit animal grisonnant ou d’un «scarabrute», petite chose marron improbable et pleine de dents, peuvent attirer des dizaines, voire des centaines d’amateurs courant et tapotant frénétiquement sur leur Smartphone.

Cet été, le ministère de l’Education nationale a par ailleurs appelé les chefs d’établissements à demander à ce que leurs établissements ne soient pas référencés dans le jeu.

Selon Philippe Tournier, à la tête du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissements, les proviseurs, eux, ne semblent pas s’inquièter plus que ça de la folie Pokémon. Si dans les établissements scolaires les portables sont partout interdits dans les salles de classe, ils sont parfois tolérés dans les espaces extérieurs: cours de récréation, couloirs, etc.

Après l’annonce de Najat Vallaud-Belkacem, Philippe Tournier a téléchargé l’application sur son Smartphone pour voir de quoi il s’agissait et a réussi à «attraper» son premier Pokémon:

C’est un jeu bête mais prenant et addictif.

A-t-il reconnu.

Oui, il y aura sans doute des chasses au Pokémon dans les établissements et certaines tentations pendant les cours, pour autant, cela ne va pas révolutionner le comportement des élèves qui ont déjà, de toute façon, le regard rivé sur les écrans depuis belle lurette.

A-t-il modéré.

Cette année, les Pokémons sont à la mode, l’an prochain ce sera une autre application. Ce qui est plus ennuyeux, c’est surtout le manque de concentration que cela risque d’engendrer chez certains élèves, pleins de leurs rêveries de Pokémons.

A-t-il précisé avec fatalisme.

Aucune date n’a pour l’heure été annoncée pour le rendez-vous avec Niantic. Cependant, il semble peu probable que le développeur accepte la demande de la ministre de l’Education. Au mieux, il pourra toujours signaler des Pokéstops ou arènes indésirables sur le site du jeu.

Publié le mardi 30 août 2016 à 9:38, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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